Taxer les producteurs de pétrole au niveau européen: "Pas sûr que ce soit la meilleure solution", réagit Roland Lescure

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Roland Lescure
Roland Lescure en commission des finances de l'Assemblée nationale, le 24 mars 2026
par Maxence Kagni, le Jeudi 24 septembre 2026 à 09:23

Invité de France 5, mercredi soir, le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a notamment estimé que les six pays de l'Union européenne qui demandent une taxation des compagnies pétrolières à l'échelle du continent "pointent du doigt Total".

La France ne veut pas de taxation européenne sur les producteurs de pétrole. Invité de C à vous, sur France 5 hier, mercredi 23 septembre, le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a expliqué pourquoi le gouvernement n'a pas signé la lettre de six pays de l'Union européenne réclamant une telle taxe. Une mesure qui toucherait, notamment, le groupe français TotalEnergies.

"En gros, ils pointaient du doigt Total, ils pointaient du doigt les producteurs. Je pense que le sujet aujourd'hui, il est plus dans le raffinage, c'est un sujet européen", a considéré Roland Lescure, à propos du courrier envoyé par l'Allemagne, l'Autriche, l'Espagne, l'Italie, la Pologne et le Portugal à la fin du mois d'août à la Commission européenne pour demander une taxe sur les surprofits des compagnies pétrolières. 

Si l'objectif "est de taxer au niveau européen une compagnie française pour que les recettes aillent à Bruxelles, avec une usine à gaz (...), je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure solution", a déclaré le ministre, qui a en revanche estimé nécessaire d'agir "au niveau européen" sur le sujet du raffinage.

"Zéro enjeu d'approvisionnement"

La taxation réclamée par l'Allemagne, l'Autriche, l'Espagne, l'Italie, la Pologne et le Portugal viserait à compenser la hausse exceptionnelle des bénéfices des compagnies pétrolières, qui ont bondi en raison de la guerre au Moyen-Orient, comme en 2022 après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Interrogé mercredi sur BFMTV, le ministre du Commerce et du Pouvoir d'achat, Serge Papin, a quant à lui indiqué ne souhaitait pas "embêter Total" : "Ce que je souhaite, c’est que Total continue pendant cette période de crise à plafonner son prix à 2,25 euros pour le gazole et 1,99 euro pour le sans-plomb", a expliqué le ministre.

De son côté, Roland Lescure a affirmé hier sur France 5 n'avoir "ni envie d'embêter Total, ni envie de faire plaisir à Total" : "J'essaie de gérer une crise qui est difficile pour les Français en accompagnant autant que possible ceux qui roulent, (...) s'assurer qu'on ait de l'essence et du pétrole. On a zéro enjeu d'approvisionnement, et c'est en grande partie parce qu'on a une major" comme Total, a-t-il conclu.