À l'Assemblée, la mobilisation lycéenne enflamme les débats, Laurent Nuñez promet de "rendre des comptes"

Actualité
par Maxence Kagni, le Mardi 6 octobre 2026 à 11:40, mis à jour le Mardi 6 octobre 2026 à 11:51

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a répondu dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, lundi 5 octobre au soir, à des députées de La France insoumise qui l'interrogeaient sur sa doctrine de maintien de l'ordre et l'action des forces de l'ordre dans le cadre de la mobilisation lycéenne, alors que plusieurs incidents graves ont eu lieu ces derniers jours. 

La mobilisation lycéenne et le maintien de l'ordre se sont invités dans les débats sur la loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes. Dans la nuit de lundi à mardi, l'examen du texte dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale a été émaillé de plusieurs passes d'armes entre le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et des députées de La France insoumise.

La députée LFI Sarah Legrain a ainsi pris la parole, expliquant que son groupe politique souhaitait que le ministre de l'Intérieur puisse "rendre des comptes" aux parlementaires : l'élue a évoqué le cas de "ce lycéen qui a le visage fracassé" à Saint-Ouen-l'Aumone dans le Val-d'Oise, celui d'un policier de Perpignan accusé d'avoir tenu des propos racistes et qui "explique à une enseignante que ça lui plaît de la toucher" ou encore celui d'un policier à Metz accusé de "toucher la poitrine et les cheveux" d'une jeune femme maintenue au sol. Dans cette dernière affaire, une enquête de l'IGPN a été ouverte, annonce ce mardi matin RMC.

Tweet URL

Laurent Nuñez a répondu à la députée LFI, promettant de "rendre des comptes sur la façon dont [il] maintient l'ordre public" en France. Le ministre de l'Intérieur sera d'ailleurs auditionné demain, mercredi 7 octobre, à 15 heures par la commission des lois du Palais-Bourbon. Dans l'hémicycle, Laurent Nuñez a ensuite lui-même interpellé les députés de La France insoumise : "Vous, quand allez-vous rendre des comptes sur le fait que vous vous rendez sur les barrages lycéens pour les inciter à commettre des violences ?", a-t-il demandé.

Le ministre a également expliqué "qu'une procédure disciplinaire" a été lancée dans l'affaire de Perpignan, "comme à chaque fois". Interrogé quelques minutes plus tard par Danièle Obono (LFI), Laurent Nuñez a nié toute "impunité dans la police" : "Arrêtez de vivre dans ces fantasmes de violences policières systémiques, de violences sexistes systémiques dans la police", a-t-il déclaré, dénonçant "une détestation" pour la police et la gendarmerie.

Caroline Yadan accuse LFI "d'instrumentaliser" le débat sur la loi intégrale

Laurent Nuñez est, en outre, revenu sur sa doctrine du maintien de l'ordre : "L'absence de retenue cela veut dire que je ne veux pas que, quand il y a des violences et des dégradations qui sont commises, il n'y ait pas d'intervention des forces de l'ordre", a précisé le ministre, qui prône en revanche de "la retenue dans la proportionnalité des interventions". "Je vous rappelle qu'il y a eu plus de 6 000 interpellations pour quelques saisines seulement de l'IGPN", a-t-il conclu.

Les débats ont aussi donné lieu à des échanges tendus entre la députée Caroline Yadan (apparenté Ensemble pour la République) et des élues de gauche. La députée a accusé La France insoumise "d'instrumentaliser un texte sur les violences sexistes et sexuelles pour servir leur discours sur les violences qu'ils provoquent aussi dans les lycées", avant de qualifier Jean-Luc Mélenchon de "gourou".

Une intervention dénoncée par Clémentine Autain (Écologiste et Social) qui a regretté que Caroline Yadan puisse ainsi "déverser sa haine bien connue contre les insoumis", tandis que Gabrielle Cathala (LFI) a critiqué le "spectacle" donné par "la tata gênante du groupe macroniste".