Pour les étudiants non boursiers, le gouvernement prévoit, dans son projet de budget présenté ce jeudi 1er octobre, de faire payer aux étudiants 178 euros pour l'inscription en BTS et 270 euros l'inscription en classes préparatoires aux grandes écoles. Jean-Luc Mélenchon dénonce une "provocation".
C'est l'une des mesures contenues dans le projet de loi de finances pour 2027 présenté, ce jeudi, par le gouvernement. Pour les étudiants non boursiers, le gouvernement prévoit, dans l'article 54 du PLF, de faire payer 178 euros de droits annuels pour les BTS et 270 euros pour les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). La "gratuité" actuelle de ces formations "constitue une singularité au sein de l'enseignement supérieur", justifie le gouvernement pour introduire ces sommes qu'il qualifie de "droits d'inscription modiques".
Seront exemptés de ces droits d'inscription les étudiants boursiers, les pupilles de la Nation et de la République, ainsi que les étudiants ayant le statut de réfugié ou de demandeur d'asile.
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"La gratuité actuelle s'applique uniformément, sans considération des ressources des étudiants, alors que le régime des droits d'inscription à l'université tient compte de la situation de chacun", souligne le gouvernement. Une situation d'autant plus injuste, poursuit-il, que les étudiants en BTS et en CPGE "représentent un coût annuel moyen plus élevé que dans les autres filières", "respectivement 19.000 et 17.000 contre 12.500 euros à l'université".
L'exécutif met aussi en avant le nombre toujours plus important d'étudiants en classes préparatoires, soit 87.000 en 2024 contre "quelques milliers à la fin des années 1940", et en BTS, où ils sont 217.000.
Le montant prévu de ces droits d'inscription serait ensuite revalorisé chaque année pour suivre l'inflation, prévoit le projet de budget 2027, qui est une "copie de départ" et devra faire face à un parcours parlementaire difficile au regard de l'absence de majorité du gouvernement à l'Assemblée nationale.
La mesure a fait réagir les oppositions. "Le gouvernement provoque la jeunesse étudiante", a réagit Jean-Luc Mélenchon sur X. Et le candidat de La France insoumise de juger cette mesure "absurde et irresponsable", ajoutant : "Lecornu choisit le moment de la mobilisation des jeunes des lycées et des universités pour aggraver l'injustice sociale dans les études. Cette provocation montre bien qui est responsable de la révolte des jeunes".
"Dans le même budget, il allège de 2 milliards la contribution des grandes entreprises", fustige pour sa part le député insoumis Paul Vannier.
Les étudiants en classes préparatoires aux grandes écoles doivent déjà s'inscrire en même temps à l'université, pour laquelle les non boursiers s'acquittent de frais autour de 180 euros. Ils doivent également, comme tous les étudiants à l'université ou en grande école, s'acquitter chaque année de la contribution vie étudiante et de campus (CVEC), d'un montant de 105 euros pour les non boursiers cette année.