Présidentielle 2027: "Ayons ensemble un débat public, devant les Français", répond Bruno Retailleau à Édouard Philippe

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Bruno Retailleau
Bruno Retailleau, le président des Républicains, candidat à l'élection présidentielle de 2027.
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Jeudi 15 octobre 2026 à 15:53

Répondant à la proposition d'Édouard Philippe (Horizons) de réunir en novembre les responsables de la droite et du centre, Bruno Retailleau (Les Républicains) lui propose "un débat public, devant les Français, pour confronter nos convictions et nos projets", alors que tous deux sont candidats à la présidentielle. "Nous avons tout à gagner à préférer la confrontation franche et transparente des idées aux discussions d'appareil", estime-t-il.

Il assure "ne fermer la porte à aucun dialogue", mais Bruno Retailleau (Les Républicains) ne juge pas pertinente la proposition faite par Édouard Philippe (Horizons). Dans un courrier daté du 8 octobre, ce dernier avait proposé aux responsables de la droite et du centre de se retrouver "dès le début du mois de novembre, pour préparer ensemble le quinquennat qui s'ouvre". "Le rassemblement ne peut être un préalable qui conduirait chacun à renoncer à ce qu'il croit juste pour le pays", estime Bruno Retailleau dans sa lettre de réponse du 13 octobre, citée par Politico, et consultée par LCP.

Le candidat des Républicains à l'élection présidentielle développe une autre idée à l'intention de son concurrent d'Horizons. "Je vous propose que nous ayons ensemble un débat public, devant les Français, pour confronter nos convictions et nos projets. Je crois que nous avons tout à gagner à préférer la confrontation franche et transparente des idées aux discussions d'appareil", écrit le sénateur. Il ajoute : "Chacun pourra mesurer ce qui nous rassemble, mais aussi ce qui nous distingue."

"Les sondages n'ont aucun impact sur ma détermination"

Bruno Retailleau a aussi un mot sur les sondages d'intentions de vote pour l'élection présidentielle, selon lesquels le patron de LR est nettement devancé par Édouard Philippe et derrière Gabriel Attal, le candidat de Renaissance. "Il faut se garder de tirer des conclusions trop hâtives, à plus de six mois de l'élection présidentielle", avance-t-il, en rappelant que "notre histoire politique nous a suffisamment montré combien les dynamiques électorales pouvaient évoluer et combien les pronostics formulés longtemps à l'avance pouvaient être démentis par les urnes.

Invité sur RTL ce jeudi matin, Bruno Retailleau a assuré que "les sondages n'ont aucun impact sur (sa) détermination". "J'ai un projet de rupture que je veux porter jusqu'au bout", a déclaré l'ancien ministre de l'Intérieur. 

Dans l'entourage d'Édouard Philippe, on continuait mercredi à croire le rendez-vous de novembre possible et que certains des conviés répondront présents. "Notre souhait, c'est rassembler, tendre la main", expliquait à LCP un membre de l'équipe de campagne du candidat Horizons.

"Personne n'est d'accord sur le périmètre"

Quid justement des autres invités ? "Je vais lui répondre. Je vais le remercier de cette proposition de rencontre. Je suis toujours d’accord pour parler, à condition que ce ne soit pas une perte de temps", affirme David Lisnard ce jeudi dans Ouest-France. "Le dialogue qu’Édouard Philippe appelle de ses vœux ne suffira pas à départager les candidatures", ajoute cependant le maire de Cannes et président de Nouvelle Énergie, qui continue de défendre l'organisation d'une primaire ouverte – ce que l'ancien Premier ministre refuse. 

"Elle n'est intéressante que si elle crée une dynamique et permet le rassemblement", or "personne n'est d'accord sur le périmètre", et "Gabriel Attal et David Lisnard ne s'engageront jamais à se soutenir (en cas de victoire de l'un)", évacue-t-on dans l'entourage d'Édouard Philippe. "C'est un peu fort de café de nous faire le procès de ne pas vouloir le rassemblement. On ne s'enferme pas juste avec David Lisnard et Bruno Retailleau !" répliquait quant à lui, il y a peu, le camp Attal. 

Entre les deux ex-chefs de gouvernement, il est à l'évidence compliqué de trouver un terrain d'entente. Le week-end dernier, c'est Jean-Louis Borloo qui a fait une offre de service en se proposant d'être le "tiers de confiance" pour rapprocher les deux hommes. "Je trouve que c'est une bonne idée, je réponds favorablement à cette initiative", a réagi Gabriel Attal sur France info ce jeudi matin. Mais selon Le Parisien, la proposition qui a été débattue lors de la réunion du "comité de liaison" du bloc central mardi est – là encore – loin d'avoir fait l'unanimité.