Attentat de Trappes: la gauche interpelle le gouvernement, Lecornu dénonce une "récupération politique"

Actualité
par Maxence Kagni, le Mardi 27 octobre 2026 à 18:22

Le Premier ministre Sébastien Lecornu et le gouvernement ont dénoncé ce mardi, lors de la séance des questions au gouvernement, la "récupération politique" de l'attentat raciste de Trappes, qui a coûté la vie à une personne, le 23 octobre dernier. 

Sébastien Lecornu dénonce un "spectacle dans lequel tout sent la campagne présidentielle matin, midi et soir". Ce mardi, lors de la séance des questions au gouvernement, l'exécutif a critiqué la "récupération" politique de l'attaque terroriste de Trappes, mettant notamment en cause La France insoumise, accusée de "faire le jeu de l'extrême droite".

La séance des questions au gouvernement s'est déroulée en présence du maire de Trappes, Ali Rabeh, et de la famille de Pengo Bossio Wangi, tué lors de l'attentat de ce 23 octobre. "Le racisme tue, la haine de l'autre tue", a dénoncé la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, invitant les députés à respecter une minute de silence.

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Cyrielle Chatelain dénonce "les dirigeants du RN"

Plusieurs députés ont interpellé le gouvernement à propos de cette attaque terroriste. C'est la présidente du groupe Ecologiste et Social, Cyrielle Chatelain, qui a pris la parole en premier, dénonçant "les dirigeants du RN" qui "continuent de qualifier la ville de Trappes de foyer djihadiste".

L'élue, qui demande la tenue d'un hommage national, a également mis en cause la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé après ses propos sur le "grand remplacement" et a reproché au Premier ministre Sébastien Lecornu de n'avoir "pas dénoncé les amalgames entre immigration et pilleurs".

"C'est non seulement un attentat terroriste, mais c'est un attentat terroriste raciste", a répondu Sébastien Lecornu. "Il faut lutter de la manière la plus claire devant toute forme de recours à la violence, devant toute forme de racisme, d'antisémitisme, de discrimination, d'homophobie", a aussi réagi le Premier ministre, qui a également fait mention du décès de Quentin Deranque. "J'avais rappelé ici qu'on ne pouvait pas opposer un mort à un autre mort", a-t-il ajouté. Le gouvernement "inscrira rapidement" le projet de loi de cohésion républicaine par la lutte contre le racisme et l’antisémitisme à l'ordre du jour du Parlement, a précisé Sébastien Lecornu.

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Un racisme qui "se propage sur les plateaux de télévision"

Un peu plus tard, la députée socialiste Dieynaba Diop a interpellé l'exécutif vis-à-vis du "racisme qui se propage notamment sur les plateaux de télévision", tandis que l'élue La France insoumise Nadège Abomangoli a évoqué des discours "relayés et normalisés par le système médiatique qui leur offre libre antenne sans contradiction".

La députée Gauche démocrate et républicaine Soumya Bourouaha a pour sa part mis en cause "un climat qui infuse, fracture et divise la société, fruit d'une parole publique qui construit le fantasme d'un ennemi de l'Intérieur" tout en jugeant que Jordan Bardella et des chaînes d'information se rendent "complices de l'acte". L'élue a également mis en cause les députés macronistes, qui se sont "fait élire comme des remparts et terminent en passe-plats".

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Le gouvernement "très ferme"

"Le racisme est un délit et le gouvernement est très ferme là-dessus, il ne laisse rien passer", a répondu le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. "Les services de renseignement travaillent sur cette mouvance d'ultra droite qui peut mener des actions terroristes violentes", a-t-il déclaré. "Aucun Français ne devrait avoir peur pour lui-même ou pour ses enfants, à raison de son identité, de sa couleur de peau, de son origine, de son orientation sexuelle", a ajouté Aurore Bergé.

La ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations a cité le nom d'autres victimes récentes du terrorisme, comme Ilan Halimi, le père Jacques Hamel, Mireille Knoll ou encore la mort du jeune Thomas Perotto à Crépol. "Nous n'avons qu'une seule réponse à adresser, celle de l'unité républicaine", a affirmé Aurore Bergé, dénonçant la "récupération" et "l'instrumentalisation" réalisée selon elle par La France insoumise.

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La gauche quitte l'hémicycle

Le nouveau président du groupe Rassemblement national, Sébastien Chenu, a pour sa part dénoncé une "épouvantable tuerie terroriste sur fond de motivations racistes". L'élu, interpellé à de nombreuses reprises par d'autres députés, a mis en cause un "concours de fake news, relayé par le journal Le Monde" ainsi qu'une "minable récupération politicarde". Son intervention a entraîné le départ de plusieurs élus de gauche de l'hémicycle.

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"J'ai le souvenir d'attentats terroristes dans le passé, quel qu'en soit le mobile, quel qu'en soit le motif, [...] dans lesquels il y avait un réflexe d'unité républicaine", a réagi  Sébastien Lecornu, évoquant un "délai de décence, de dignité". Face à une ambiance qu'il juge "particulièrement nauséabonde," le Premier ministre a dénoncé un "spectacle dans lequel tout sent la campagne présidentielle matin, midi et soir". Interpellant La France insoumise, Sébastien Lecornu a accusé le groupe présidé par Mathilde Panot de "faire le jeu de l'extrême droite, du Rassemblement national".