Budget: vers un prêt à taux zéro "natalité" élargi à tous les jeunes parents?

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Un nourrisson (illustration / © PublicDomainPictures)
Un nourrisson (illustration / © PublicDomainPictures)
par Raphaël Marchal, le Jeudi 8 octobre 2026 à 11:56

Les députés de la commission des finances ont élargi ce jeudi le prêt à taux zéro destiné aux jeunes parents à la recherche d'un logement plus grand, en supprimant les conditions de ressources et en le portant à 100 000 euros maximum.

C'était l'une des mesures défendues par Sébastien Lecornu il y a quelques semaines pour relancer la natalité. Fin septembre, dans une lettre adressée aux acteurs du logement, le Premier ministre avait annoncé la reconduction du prêt à taux zéro (PTZ) qui accompagne chaque année 70 000 ménages dans l'accession à la propriété. Il avait également indiqué que ce PTZ "parentalité" serait également élargi aux ménages ayant un enfant à naître, ou né il y a moins de 3 ans.

En commission des finances, ce jeudi, les députés ont encore renforcé le dispositif, en adoptant un amendement de Jean-Paul Matteï (Les Démocrates) inspiré d'une proposition de loi déposée par le groupe Liot en mai dernier. Le prêt à taux zéro resterait mobilisable pour les ménages ayant un enfant de cinq ans, et, surtout, ce PTZ serait accordé sans conditions de revenus. L'amendement porte également le montant du prêt jusqu'à 100 000 euros, tandis qu'actuellement, ce plafond dépend d'une série de paramètres.

C'est une mesure de bon sens, qui concerne des couples jeunes, et qui ont des problèmes pour agrandir [leur logement]. Jean-Paul Matteï, député Les Démocrates

"Cette mesure peut paraître coûteuse, mais elle va entraîner des ressources complémentaires par les investissements qui seront faits", a assuré Jean-Paul Matteï. Sans convaincre certains de ses collègues, notamment concernant la suppression des conditions de ressources qui risquerait de pénaliser les ménages plus modestes.

"Les enfants de Bernard Arnault pourront donc bénéficier du PTZ enfant s'ils souhaitent faire des enfants", a pointé Iñaki Echaniz (PS), retournant un argument qui avait été opposé à la gauche dans le cadre de la généralisation du repas à un euro à tous les étudiants. "Les banques préfèreront toujours prêter à ceux qui n'ont pas besoin de ce PTZ. [...] Voter sans plafond, c'est tuer le dispositif à la base."

D'autres députés ont également souligné l'impact sur les finances publiques du dispositif tel qu'il a été voté. "Plus on élargit le PTZ, plus on prend le risque de grever les finances publiques. En 2025, c'était 1,35 milliard d'euros", a mis en garde Daniel Labaronne (Ensemble pour la République). "Le PTZ, c'est zéro pour l'emprunteur, mais pas zéro pour le contribuable." "Est-ce que la solution, c'est que l'État paie sur les finances publiques le taux d'intérêt actuel pour tous les ménages, dans toutes les situations, dans tous les territoires ?", s'est lui aussi questionné Guillaume Kasbarian (EPR), craignant que ce "PTZ pour tous" "dévoie un petit peu l'objectif initial". "En plus, ça va favoriser la cherté du logement", a renchéri Éric Coquerel (La France insoumise).

Cet élargissement du prêt à taux zéro est encore loin d'être assuré. Les députés repartiront de la copie gouvernementale initiale lors de leurs débats dans l'hémicycle. Et la mesure devra figurer dans la loi finale, à l'issue de la séquence budgétaire, pour entrer en vigueur en 2027.