Les adhérents du Parti communiste français ont validé la candidature de Fabien Roussel à l’élection présidentielle de 2027. Déjà candidat en 2022, le secrétaire national du PCF défend une candidature autonome, malgré les critiques de La France insoumise et la primaire en cours entre le Parti socialiste et Place publique.
C’est désormais officiel. Les adhérents du Parti communiste français ont validé la candidature de Fabien Roussel à l’élection présidentielle de 2027. Appelés à se prononcer du jeudi 3 au dimanche 6 septembre, les militants ont donné leur feu vert au secrétaire national du PCF, qui pourra donc à participer pour la deuxième fois à la course à l’Élysée.
Cette décision était attendue. En juin, les communistes avaient déjà approuvé à 61,4 % un texte affirmant leur volonté de présenter une candidature issue de leurs rangs. Puis, en juillet, la conférence nationale du parti avait proposé à une large majorité le nom de Fabien Roussel.
Lors de ce nouveau vote interne des militants, les communistes ont approuvé à 72% la candidature de leur premier secrétaire.
C'est Fabien Roussel lui-même qui l'a annoncé dimanche soir sur le plateau du 20 heures de TF1, parlant d'un "choix largement réfléchi et soutenu". Interrogé sur la campagne qu'il entend mener, le candidat, qui veut porter "un projet de rupture", a insisté sur le mot "vivre", "avec un travail qui paie correctement" et dans lequel "on s'épanouit". "Nous sommes les seuls à avoir un plan climat qui donne une trajectoire carbone", tout en défendant "en même temps la réindustrialisation de la France", a déclaré le communiste, dont l'affiche de campagne a été dévoilée.
Ne craint-il pas, avec cette candidature, de faire perdre des points à la gauche, et notamment à Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) ? Celui qui assure ne pas vouloir "parler des autres", mais "de (son) programme et de ce (qu'il) souhaite pour (son) pays" a rétorqué que la difficulté rencontrée par la gauche n'est pas qu'elle ait "plusieurs candidats, mais qu'elle n'est pas majoritaire".
"Je ne souhaite en prendre à personne à gauche", mais élargir le socle, a poursuivi Fabien Roussel, qui souhaite aussi mettre en avant "le combat contre la fraude et l'évasion fiscale". "Il faut que les fraudeurs passent par la case prison, par la déchéance des droits civiques ou (...) par des travaux d'intérêt général".
Concernant le projet de loi de finances à venir, l'ancien député a affirmé qu'il "faut un budget", "mais il ne faut pas nous imposer un budget qui demandera des sacrifices aux retraités, aux personnes malades". Fabien Roussel, qui a indiqué qu'il rencontrera bientôt le Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour défendre les propositions du PCF, a ajouté : "Il faut arrêter de nous mettre un pistolet sur la tempe (sur le budget)."
Déjà candidat à la présidentielle de 2022, Fabien Roussel avait recueilli 2,28 % des suffrages, soit un peu plus de 800.000 voix. Sa nouvelle candidature devrait raviver les tensions avec La France insoumise. Les proches de Jean-Luc Mélenchon reprochent régulièrement au PCF d’avoir contribué à empêcher leur candidat d’accéder au second tour en 2022.
Fabien Roussel assume, lui, une ligne d’autonomie à l’égard de LFI. Le candidat communiste doit désormais entrer pleinement en campagne. Son prochain rendez-vous politique majeur aura lieu lors de la Fête de l’Humanité, organisée du 11 au 13 septembre à Brétigny-sur-Orge. Le désormais candidat à l'élection présidentielle fera un discours le samedi, à 18 heures.