Pour faire face aux prix record du carburant, le gouvernement a annoncé ce mardi 22 septembre la prolongation jusqu'à la fin de l'année de l'aide aux grands rouleurs, et son élargissement. Les aides supplémentaires annoncées représentent quelque 450 millions d'euros.
C'est une annonce qui était attendue. Ce mardi, le gouvernement a annoncé la prolongation de l'aide aux grands rouleurs jusqu'à la fin de l'année, et son élargissement à de nouveaux publics, pour faire face à l'inquiétude grandissante des consommateurs à la pompe. Cette aide représentera l'équivalent de 40 centimes d'euros par litre pour deux mois environ, a fait savoir la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, lors d'une conférence de presse.
Le gouvernement va également élargir le dispositif à 2,5 millions de bénéficiaires supplémentaires, pour un total de 5,5 millions de personnes concernées. Les planchers vont être relevés : les personnes seules sans enfant pourront le réclamer jusqu’à 2 050 euros net de salaire par mois (contre 1 258 auparavant), et 6 100 euros net pour un couple avec deux enfants (contre 4 325 euros net par mois dans la première version).
De cette façon, l'exécutif fait un geste dans la direction du patron des socialistes, Olivier Faure, et d’Édouard Philippe, candidat Horizons à la présidentielle, qui avaient réclamé un “doublement” des aides ciblées. Le versement de ces prestations sera automatique pour les citoyens qui s’étaient déjà manifestés cet été - soit quelque 1,2 million de personnes.
Par ailleurs, le gouvernement devrait proposer de reconduire le chèque énergie, dans le cadre de l’examen du budget pour 2027. L’aide, versée habituellement en avril, pourra bénéficier à 4,5 millions de personnes entre 48 à 277 euros, selon les situations. Le versement sera avancé à janvier 2027, sous réserve de son adoption dans le budget.
Le ministre des Petites et moyennes entreprises, Serge Papin, a pour sa part annoncé le relèvement de la “prime carburant” défiscalisée versée par les entreprises à leurs salariés. Ce versement à la main de l’employeur sera plafonné à hauteur de 1 000 euros, contre 600 euros précédemment. Par ailleurs, le gouvernement a ouvert la possibilité pour les entreprises en difficulé de reporter le paiement de leurs cotisations sociales, et d’étaler leurs dettes dans le temps.
Concernant le secteur du bâtiment, l’aide au gazole non routier (GNR) de 20 centimes par litre sera reconduite jusqu’au 31 décembre, et ouverte à 35 000 entreprises au total. Des prêts d’urgence seront établis en parallèle de ce dispositif. Pour les agriculteurs, l’aide s’établit à 15 centimes par litre, jusqu’au 31 décembre également. Le soutien spécifique aux transporteurs routiers prend fin, en revanche, ces professionnels pouvant répercuter le prix du carburant sur leurs factures. Enfin, Serge Papin a confirmé se montrer “particulièrement vigilant” vis-à-vis des marges des transporteurs et des distributeurs.
Des dispositifs spécifiques sont également pensés pour les pêcheurs. Les aides sur le carburant sont ainsi prolongées jusqu'à la fin du mois de décembre, et leur montant sera indexé sur l’évolution du coût du carburant. 70 % de la hausse des coûts sera donc couverte par ces aides. Parallèlement, des prêts à taux zéro seront garantis par BPI France, jusqu’à 50 000 euros. Les versements débuteront à la mi-octobre.
De leur côté, les infirmières libérales bénéficieront de l’aide grands rouleurs (pour un déplacement de 30 kilomètres par jour en voiture individuelle, sous condition de revenus) et seront accompagnées par l’assurance maladie dans leurs démarches. Elles percevront également une aide additionnelle baptisée “territoires ruralité”, à hauteur de 80 euros, et pourront reporter le paiement de leurs cotisations à l’Urssaf.
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a précisé que les recettes fiscales (TVA et accises) ont diminué depuis le début de la crise - contrairement à ce qui a été avancé plusieurs fois dans le débat public. Du fait de la baisse des recettes de l’accise sur les carburants, les finances publiques ont connu une moindre rentrée de l’ordre de 407 millions d’euros. “Il n’y a pas eu, il n’y aura pas de cagnotte”, a martelé David Amiel. Le ministre des Comptes publics a confirmé qu’une “règle d’or” serait proposée dans le budget pour 2027, afin de rediriger les recettes issues des taxes sur les carburants vers les administrés, en cas de crise.
Roland Lescure a par ailleurs rassuré les consommateurs : la France n'affronte “aucun risque de pénurie” à ce stade. Le ministre de l'Économie est également revenu sur le contexte international au Proche-Orient, qui explique la flambée des prix. Le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transitent habituellement “20 millions de barils”, et la guerre en Ukraine, fragilisent le commerce mondial depuis plusieurs mois, a-t-il rappelé.