Feux: les candidats déclarés à l'élection présidentielle somment le gouvernement d'agir et formulent leurs propositions

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par Soizic BONVARLET, le Lundi 27 juillet 2026 à 11:59

Face à l'ampleur des incendies qui ravagent le territoire national, nombreux sont les responsables politiques à avancer leurs propositions pour prévenir et maîtriser ces feux. Certains mettent également la pression sur le gouvernement, réclamant notamment la mise en œuvre du "Beauvau de la sécurité civile".

42.000 hectares ravagés, 220.000 personnes évacuées, 84 sapeurs-pompiers blessés. Tel est le triste bilan, ce lundi 27 juillet, des incendies qui touchent la Gironde depuis plusieurs jours. Une situation inédite et toujours pas fixée, qui fait craindre le pire pour le reste de l'été et ceux à venir. 

Alors que le gouvernement est à la tâche pour déployer les moyens de l'État dans le but de contenir ces feux, qui sévissent également dans le Var et en Corse, nombreux sont les responsables politiques à s'être saisis du sujet au cours des derniers jours. 

Les canadairs au coeur du débat

Le chef de file des députés Ensemble pour la République, Gabriel Attal, a plaidé le 15 juillet dernier pour "qu'on invente le Canadair européen". "Il faut que l'on soit souverain et qu'on ne dépende pas d'une seule entreprise qui est en situation de monopole aujourd'hui dans le monde", a fait valoir le candidat déclaré à l'élection présentielle, au regard de la société canadienne qui construit les avions bombardiers d'eau.

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"Voilà maintenant Attal qui propose un 'Canadair européen'. Quel nul", n'a pas tardé à réagir Jean-Luc Mélenchon. "Il existe déjà un projet français en cours à Toulouse", a-t-il aussi rappelé, vidéo à l'appui, en référence au projet de transformation d'avions cargos et de transport de passagers en engins de lutte contre les mégafeux. Plus largement, le leader de La France insoumise a souligné sur X que la situation en Gironde est un révélateur de "l'ampleur des phénomènes auxquels il faut faire face dans cette époque climatique", estimant que "la lutte doit être celle de toute la société et de l’État". 

La flotte aérienne pour lutter contre les incendies fait également partie des dispositions de la proposition de loi "de modernisation de notre modèle de sécurité civile", déposée par Sandra Regol (Écologiste et social) le 23 juillet. Le texte prévoit l'instauration d'"une trajectoire pluriannuelle d’investissement destinée à assurer le renouvellement de la flotte aérienne nationale de la sécurité civile et l’acquisition d’appareils supplémentaires pour lutter contre les feux de forêt". Pour les Écologistes, l'objectif que doit se fixer l'État s'avère ainsi de "renouveler l’intégralité des douze aéronefs bombardiers d’eau, et de porter la flotte à dix‑huit appareils en 2035 (...) et à vingt‑cinq en 2040". 

Beauvau de la sécurité civile : le gouvernement sous pression

Au-delà du financement de moyens supplémentaires pour lutter contre les incendies, la proposition de loi des Écologistes, dotée de 23 articles et reprenant en grande partie les conclusions du "Beauvau de la sécurité civile" lancé en 2024, a également pour objectif de mieux soutenir les pompiers. Il s'agirait notamment de revenir à un âge légal de départ à la retraite à 55 ans, et de davantage prendre en compte leur santé psychologique et physique. 

À droite également, la mise en œuvre du "Beauvau de la sécurité civile" est réclamée. Dans un communiqué publié vendredi sur le site des Républicains et partagé sur X, Bruno Retailleau considère que "face à l’urgence de la situation, il ne faut plus attendre". "J’appelle solennellement le gouvernement à présenter dans les prochaines semaines la loi issue des conclusions des travaux du Beauvau de la sécurité civile", écrit aussi le patron de LR. Et le candidat déclaré à l'élection présidentielle de conclure qu'"il est temps de doter les sapeurs-pompiers de France, quels qu’ils soient, des moyens de leur modernisation et de leur action". 

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Le "Beauvau de la sécurité civile" est une concertation nationale lancée en 2024 à l'initiative du ministère de l'intérieur - qui était alors Gérald Darmanin - vise en effet à consolider le modèle français de sécurité civile, tout en l’adaptant aux défis actuels liés au réchauffement climatique. Un projet de loi issu de ses travaux avait été un temps évoqué.

Interrogé sur le sujet en juillet à l'Assemblée nationale par le député Julien Rancoule (Rassemblement national), l'actuel ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a répondu que le gouvernement "travaille à l'écriture du projet de loi" ; le texte "sera présenté au Premier ministre et fera l'objet d'arbitrages à Matignon". "Nous avons bon espoir de pouvoir présenter un projet de loi prenant en compte toutes les dimensions de la question : la résilience, le statut des sapeurs-pompiers, le financement et –⁠ sujet peut-être un peu plus compliqué – l’organisation, dans chaque département, du secours d’urgence aux personnes, mesure très attendue par les sapeurs-pompiers, expliquait-il sans donner de date.

Quant à la question du financement, "nous ne désesperons pas de pouvoir l’inscrire au projet de loi de finances pour 2027", a ajouté le ministre. Le budget sera débattu, comme chaque année, à partir du mois d'octobre au Parlement.