"La République, c'est moi!": Jean-Luc Mélenchon assume un moment "d'audace déraisonnable"

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par Maxence Kagni, le Mercredi 28 octobre 2026 à 14:55, mis à jour le Mercredi 28 octobre 2026 à 15:07

Invité ce 27 octobre des "Mardis de l'Essec", dont LCP est partenaire, Jean-Luc Mélenchon est revenu sur l'épisode de la perquisition houleuse du siège de La France insoumise, en octobre 2018. Évoquant la vidéo dans laquelle on le voit notamment s'exclamer "La République, c'est moi !", le candidat à l'élection présidentielle évoque un moment d'"audace déraisonnable" au sujet duquel il affirme n'avoir aucun regret. 

"Pour vous parler franchement, je n'ai pas de regrets." Ce 27 octobre, Jean-Luc Mélenchon était l'invité de l'association étudiante "Les Mardis de l'Essec", dont LCP est partenaire. Dans ce cadre, le candidat de La France insoumise à l'élection présidentielle est notamment revenu sur la perquisition mouvementée au siège de son parti, en octobre 2018, au cours de laquelle des vidéos le montraient en train de s'exclamer "La République, c'est moi !"

Un peu plus d'un an après cette perquisition houleuse, Jean-Luc Mélenchon avait été condamné à trois mois d’emprisonnement avec sursis et 8.000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Bobigny pour "rébellion, provocation directe à la rébellion et intimidation envers des magistrats et des dépositaires de l’autorité publique". Une condamnation dont il n'avait pas fait appel.

"Cette scène paraissait folle, des flics en train de nous perquisitionner dans notre local, sans qu'on puisse entrer", a commenté Jean-Luc Mélenchon mardi, assurant qu'il était alors "menacé par un pandore (un gendarme, ndlr)". "J'avais auprès de moi un ami que j'ai connu jeune (...) il enlève ses lunettes et il dit 'on ne touche pas à Monsieur Mélenchon', alors on avait envie de rire intérieurement", raconte le candidat à l'élection présidentielle. Selon lui, c'est à ce moment-là qu'un membre des forces de l'ordre, qui lui barrait le passage, lui aurait dit "Monsieur, je suis armé" : "Il ne faut pas me parler comme ça", a-t-il déclaré mardi soir.

"Audace déraisonnable"

"Je ne lui dis pas 'la République c'est moi' au sens du Roi soleil qui dit 'l'Etat c'est moi', mais au sens de 'le peuple, sa représentation, c'est moi'", a précisé celui qui était au moment des faits député des Bouches-du-Rhône. "A ce moment-là je dis une vérité (...) dans mon imaginaire à moi, le député, c'est le tribun du peuple, il est, dans l'Antiquité, sacré, si jamais tu lui touches un cheveux, les dieux eux-mêmes viennent te punir", a développé le leader insoumis. "Comme toujours, je me suis fait prendre dans des trucs trop sophistiqués", a commenté Jean-Luc Mélenchon.

Le candidat à l'élection présidentielle, qui a reconnu que la scène n'avait pas été "très flatteuse physiquement pour [lui]", explique avoir fait preuve d'"audace déraisonnable" : "La raison aurait préféré que je me tienne à carreaux, en ne disant rien et en laissant tous ces gens ficher cette pagaille qu'ils ont mis dans le local." Jean-Luc Mélenchon assume cependant : "Tout bien pesé, peut-être que rétrospectivement, avec un peu d'excès d'orgueil, je vais me vouer une certaine admiration pour avoir tenu tête à un type qui vous dit 'Monsieur je suis armé'."

>> Revivez en intégralité l'intervention de Jean-Luc Mélenchon dans Les Mardis de l'Essec :