Les annonces du Premier ministre sur les grandes lignes de son projet de budget pour 2027 ont rapidement été suivies de réactions très critiques, notamment venues de la gauche. Le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, Éric Coquerel (LFI), fustige un "baroud d'honneur macroniste" qui dirige la France "droit dans le mur". La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, est quant à elle particulièrement remontée contre le gel du point d'indice des fonctionnaires.
Action, réaction. À peine dévoilées, les annonces budgétaires de Sébastien Lecornu suscitent déjà des réactions. Auprès de l'AFP, Sophie Binet a dénoncé un "scandale", après que le Premier ministre a fait part de sa volonté de geler le point d'indice des fonctionnaires. La secrétaire générale de la CGT appelle à une mobilisation massive le 29 septembre, journée d'appel à la grève dans la fonction publique à l'initiative de l'intersyndicale. Promettant une "journée noire" au gouvernement, elle rappelle que "depuis 2017, les fonctionnaires ont déjà perdu plus de 16 % du pouvoir d'achat" avec les gels successifs du point d'indice.
Éric Coquerel (La France insoumise) n'épouse pas une opinion plus favorable de la copie gouvernementale. Pour le président de la commission des finances du Palais-Bourbon, le projet dévoilé par le Premier ministre est "un baroud d'honneur macroniste qui nous dirige droit dans le mur", fustige-t-il sur X. Les 54 milliards d'euros d'effort budgétaire évoqués par Sébastien Lecornu pèsent indistinctement "sur les retraités 'aisés', les salariés malades, les fonctionnaires, les étrangers", pointe le député.
Ce nouveau budget continuera de nuire à la demande intérieure et donc aura un effet récessif particulièrement important. Éric Coquerel (LFI), président de la commission des finances de l'Assemblée nationale
Mais pas sur les plus riches, tance-t-il, pointant une justice fiscale "aux abonnés absents". Éric Coquerel critique notamment le choix du gouvernement de privilégier la réduction de la surtaxe sur les grandes entreprises et la sanctuarisation du pacte Dutreil, qui facilite la transmission d'entreprises. Et de conclure : "Oui, ce budget devra être battu ou en cas de 49-3, censuré".
Sur BFMTV, le député Arthur Delaporte (Socialistes) a pour sa part évoqué une "potion d'austérité", "insoutenable" et "contraire aux engagements" initiaux du Premier ministre. "C'est un budget qui est non seulement très à droite mais aussi impossible pour les Françaises et les Français", a déploré le porte-parole du PS. "C'est l'inverse de ce qu'il faudrait faire et c’est l'inverse de ce que proposent les socialistes."
Sébastien Lecornu "ne cherche pas à faire des économies dans la mauvaise dépense publique. Il cherche à faire adopter un budget, et surtout à éviter la censure", a pour sa part réagi Jordan Bardella sur BFMTV. Le président du Rassemblement national a indiqué qu'il présenterait avec Marine Le Pen un "contre-budget" dans les prochains jours. L'eurodéputé a également présententé les "lignes rouges" de son parti. "Pas d'économies sur le dos de la France du travail, pas de mesures injustes sur les entreprises françaises", a-t-il énoncé, mettant aussi en garde contre l'effort demandé aux retraités.
Du côté du parti présidentiel, la députée Marie Lebec (Ensemble pour la République) a soutenu la copie gouvernementale, jugeant indispensable d'"agir avec fermeté". L'endettement de la France ne permettant "pas ensuite à l'État de mener des politiques publiques efficaces", a-t-elle assuré.
La préparation du budget continuera d'alimenter les discussions et les commentaires dans les prochains jours, avant la présentation du projet de loi de finances en Conseil des ministres, puis en octobre les débats à l'Assemblée nationale.