Le compte X du Rassemblement national a été piraté, jeudi 23 juillet au soir, quelques jours après celui de la candidate du parti à l'élection présidentielle, Marine Le Pen. En début de semaine, le site internet du RN a également fait l'objet d'une cyberattaque.
C'est une épidémie de piratages qui touchent le Rassemblement national, à neuf mois de l'élection présidentielle. Le dernier en date a touché le compte X du parti présidé par Jordan Bardella, hier soir. Photo de profil, description, nom, autant d'éléments modifiés par les pirates, qui ont également automatisé des publications faisant la promotion d'un logiciel payant. Sollicité par LCP, le RN n'a à ce stade pas réagi face à ce nouveau hacking, alors que le parti a été victime de plusieurs autres attaques dans la semaine.
Il y a trois jours, mardi 21 juillet, c'est le compte X de Marine Le Pen qui a été hacké, affichant pendant quelques minutes un message de promotion d'une mystérieuse cryptomonnaie au nom de la candidate à l'Élysée. Et le même jour, le site internet du Rassemblement national a fait les frais d'un détournement. Dans la page où figure l'organigramme du parti, la tête de Marine Le Pen a été remplacée par un chat aux couleurs des drapeaux algérien et marocain.
Le RN a également confirmé que ses serveurs avaient fait l'objet d'une "tentative d'intrusion malveillante". Cette tentative "s'est limitée au compte d'un seul candidat aux élections municipales", étendue aux colistiers de ce candidat dont le nom n'a pas été révélé, a assuré la formation politique. Le parquet de Paris a ouvert une enquête confiée à la brigade de lutte contre la cybercriminalité.
"Les données des adhérents ou même des candidats n'ont pas été exposées. Je crois que c'est une des pages d'accueil qui a été attaquée", a relativisé le député RN Jean-Philippe Tanguy mercredi, dans une interview accordée à France 2. Le but des opérations visant le Rassemblement national reste "flou" à ce stade, a-t-il indiqué.
"C'est assez grave parce que Marine Le Pen est candidate à la présidentielle, elle est favorite évidemment des sondages", a cependant déclaré l'élu de la Somme. Rappelant que plusieurs institutions étatiques ont été victimes de fuites de données ces derniers mois, il a appelé à mettre davantage de moyens pour les contrer. Avant de conlure : "Un parti politique ne peut pas se protéger davantage que ne se protège l'État."
(Avec AFP)