Primaire de gauche: pourquoi faudra-t-il payer 15 euros pour choisir le candidat social-démocrate à la présidentielle?

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Drapeau du PS en manifestation
Drapeau du PS en manifestation, illustration - Crédit : DR
par Soizic BONVARLET, le Mercredi 9 septembre 2026 à 16:25

La primaire organisée par le Parti socialiste et Place publique pour désigner leur candidat à l’élection présidentielle aura lieu en octobre. Les sympathisants de gauche qui n’appartiennent à aucune de ces formations politiques devront s’acquitter d’un tarif de 15 ou 10 euros, en fonction de leurs revenus, pour pouvoir voter. Explications et mode d'emploi.

15 euros, c'est ce que devront payer celles et ceux qui veulent voter à la primaire du Parti socialiste et de Place publique, lorsqu'ils ne sont pas déjà adhérents de l'une de ces deux formations politiques. Un tarif jugé élevé, voire prohibitif, par certains membres de l'état-major du PS, à commencer par son premier secrétaire, Olivier Faure, et par plusieurs autres candidats au scrutin qui aura lieu les 9 et 10 octobre pour le premier tour, et les 16 et 17 octobre en cas de second tour.

Un ticket d'entrée, pour quoi faire ?

Ce droit d’accès servira à financer l'organisation de la primaire, via une caisse interne au PS baptisée pour l'occasion "Association de financement de la désignation de la candidature de la gauche socialiste et démocratique". Son montant, conséquent par rapport à celui de 2 euros demandé lors de la précedente primaire de 2016, doit également éviter d'éventuelles opérations d'ingérence, en dissuadant notamment les soutiens des camps adverses de venir voter pour tenter de destabiliser le scrutin ou de l'orienter à des fins stratégiques.

Le scrutin sera, en revanche, libre d’accès pour les adhérents du Parti socialiste et de Place publique à jour de cotisation au moins trois jours avant le premier tour. Le droit d'accès standard, fixé à 15 euros, demandé aux sympathisants de gauche non-membres de ces organisations, pourra être abaissé à 10 euros pour les personnes ne disposant que de faibles revenus.

Comment s'inscrire pour voter ?

Concrètement, pour voter, il faudra donc être militant du Parti socialiste ou de Place publique, ou adhérer à l'une de ces deux formations pour l'occasion jusqu'à trois jours avant le scrutin du premier tour. Ou bien encore, s'inscrire sur le site "Choisir2027" d'ici le 5 octobre, en s'acquittant en ligne du montant 15 euros, ou de 10 euros pour les personnes éligibles au tarif social. L'inscription sur cette plateforme commune devra aussi être faite au moins trois jours avant le premier tour. 

Le vote se tiendra uniquement en ligne, lors d’un scrutin électronique uninominal à deux tours. Des points de vote physiques pourront être tenus dans chaque département, mais le vote restera électronique, sur une tablette mise à disposition dans un isoloir.

Pourquoi ça fait polémique ?

Le montant de la participation fixé à 15 euros pour les non-adhérents du PS et de Place Publique est loin de faire l'unanimité dans les rangs mêmes des candidats à la primaire. "Nous ne pouvons pas revenir à un vote censitaire", a fustigé le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, le 7 septembre à l'antenne de BFMTV. "Je souhaite qu’on se mette d’accord sur 2 euros", a-t-il précisé, avant de faire savoir à nos confrères de Sud Ouest, depuis Pau et les journées parlementaires de son parti, que le tarif "rédhibitoire" de 15 euros avait été choisi par "les soutiens de Raphaël Glucksmann".

La finaliste de l'élection présidentielle de 2007, Ségolène Royal, avait en outre été l'une des premières à monter au créneau publiquement au sujet de ce montant. "C’est trop cher", avait-elle déploré sur les réseaux sociaux le 2 août, évoquant "un barrage" qui "risque d’affaiblir l’idée même de la bonne initiative de primaire démocratique". Le député Philippe Brun s'était, pour sa part, prononcé pour un montant de participation fixé à 5 euros, arguant que "la gauche a été inventée pour défendre les ouvriers et les employés, pas les bobos et la gauche de salon dans les arrondissements aisés de la capitale".

Les candidats à la primaire de l'arc social-démocrate : 

  • Olivier Faure (Parti socialiste) ;
  • Raphaël Glucksmann (Place publique) ; 
  • Ségolène Royal (Parti socialiste) ;
  • Jérôme Guedj (Parti socialiste) ;
  • Philippe Brun (Parti socialiste) ;
  • Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste) ;
  • Fabien Verdier (Mouvement pour le développement des villes sous-préfectures).

Pour pouvoir se présenter, les candidats doivent attester de l’un des quatre types de parrainages suivants : les signatures de 15 membres titulaires du Conseil national du Parti socialiste, de 10 parlementaires socialistes, de 50 maires socialistes, ou encore de 50 conseillers départementaux ou régionaux socialistes. Ils ont jusqu'au 15 septembre pour pour faire enregistrer leur candidature.