Un meeting samedi à Lyon pour Gabriel Attal, un meeting dimanche à Clermont-Ferrand pour Jean-Luc Mélenchon. La région Auvergne-Rhône-Alpes sera ce week-end le théâtre d'un affrontement à distance entre les deux candidats à l'élection présidentielle, qui assument leur volonté de confronter leurs programmes.
D'un côté, Gabriel Attal à Lyon samedi ; de l'autre, Jean-Luc Mélenchon à Clermont-Ferrand dimanche. Les deux candidats à l'élection présidentielle vont mettre en scène leur face-à-face ce week-end. "Il y aura une partie consacrée à La France insoumise, car Gabriel Attal a toujours dit que ses adversaires étaient Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen", explique-t-on dans l'entourage du patron de Renaissance, où l'on évoque "un affrontement très fort et très clair sur les valeurs" avec LFI. Surtout qu'aux yeux de l'ancien Premier ministre, le mouvement de gauche "fait preuve de sa grande irresponsabilité" dans le mouvement lycéen.
"C'est plutôt eux [LFI] qui installent le match" entre les deux meetings du week-end, estime aussi l'équipe de campagne de Gabriel Attal, qui finalement s'en félicite : "Cela prouve qu'il est un candidat sérieux. Le pire dans une campagne est l'indifférence. Je n'ai pas le sentiment que c'est ce que notre campagne provoque."
Alors que l'intersyndicale lycéenne a appelé à une nouvelle journée de grève et de manifestation mardi 13 octobre, Gabriel Attal s'adressera, à Lyon, à la jeunesse, avec un discours axé sur l'éducation, dont il a fait l'un des quatre grands chantiers de sa campagne présidentielle. Le candidat Renaissance devrait proposer "un nouveau pacte pour la jeunesse, autour de droits et de devoirs", avec "des mesures concrètes".
On ne souhaite pas instrumentaliser quelque jeune que ce soit. L'entourage de Gabriel Attal
L'objectif affiché par les siens : se démarquer de LFI qui "instrumentalise" la jeunesse et du Rassemblement national qui "l'essentialise". A la question de savoir si Nathanaël Combary, responsable syndical et adhérent Renaissance, sera présent, la réponse est négative. "On ne souhaite pas instrumentaliser quelque jeune que ce soit", rétorque-t-on. Comprendre : contrairement à d'autres.
La France insoumise, de son côté, revendique sa proximité avec la jeunesse. Jeudi, lors d’une conférence de presse organisée au siège du mouvement, le coordinateur national, Manuel Bompard, a annoncé que Jean-Luc Mélenchon avait déjà recueilli plus de 400.000 parrainages citoyens : "Ce chiffre est porté ces quinze derniers jours par près de 20.000 signatures dont 30% sont des personnes qui ont entre 18 et 24 ans et 30% ont entre 25 et 34 ans”, a expliqué le député. Le meeting de ce dimanche, à Clermont-Ferrand, doit amplifier cette dynamique : "Nous donnerons la parole à des voix lycéennes", a expliqué Manuel Bompard.
Si l’équipe de Gabriel Attal assume de faire de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon ses "adversaires", les insoumis ne sont pas en reste : "Gabriel Attal a lancé un défi en disant avant l'été qu'il allait faire le plus gros meeting régional (...), notre réponse est d'organiser dans la même région un meeting le lendemain", a déclaré le député LFI.
On me demande parfois qui sont nos adversaires dans cette campagne, je pense que les choses sont suffisamment claires. Le député LFI Manuel Bompard
Cette stratégie sera dupliquée jusqu'à Noël : la convention de La France insoumise sera organisée le 7 novembre, "quelques jours après l'événement de lancement de la campagne du Rassemblement national (le Congrès du RN, les 25 et 26 octobre, NDLR) avec l’objectif de le submerger”, a ajouté le coordinateur national de La France insoumise. Les insoumis iront aussi "confronter Edouard Philippe dans sa mairie" du Havre, le 5 décembre prochain.
"On me demande parfois qui sont nos adversaires dans cette campagne, je pense que les choses sont suffisamment claires", a conclu Manuel Bompard, qui promet un affrontement "programme contre programme, argument contre argument".
Dans une période dominée par l'actualité lycéenne, de tels meetings permettent-ils d'imprimer, d'autant que l'élection présidentielle se tient dans plus de six mois ? L’équipe de Gabriel Attal est optimiste : "On sème un positionnement politique, des propositions de fond, on sème aussi sur sa personnalité, son enthousiasme. A un moment, tout ça va se cristalliser ; il y a une phase où on récoltera", prédit-elle.
Les insoumis, eux, espèrent marquer les esprits dès ce dimanche, dans la lignée du grand meeting de Saint-Denis, le 7 juin dernier. Ils espèrent une affluence "qui dépasse celle que Gabriel Attal réunira lui-même à Lyon" : "Au vu des indicateurs de cette campagne, j'ai l'impression que nous sommes plutôt bien partis pour y parvenir", a ironisé Manuel Bompard. Verdict dimanche soir, mais si l'on s'en tient aux annonces de deux camps, la bataille devrait en effet être remportée par Jean-Luc Mélenchon : l'équipe de Gabriel Attal attend environ 2.000 personnes, quand les insoumis, eux, tablent sur 5.000 à 10.000 personnes le lendemain.