Réélection de Jordan Bardella à la présidence du Rassemblement national, élection du conseil national, coup d'envoi de la campagne présidentielle... Le parti organise son congrès, ce samedi 24 octobre, à Orléans. L'évènement va être percuté par la venue dans le Loiret de 20 000 à 30 000 opposants, attendus pour manifester contre le congrès.
À six mois de l'élection présidentielle, le Rassemblement national tient son congrès, ce samedi 24 octobre, à Orléans. Une journée qui s'annonce bien remplie, suivie d'un meeting le dimanche, le parti voulant montrer qu'il est en ordre de bataille en vue de la course à l'Élysée. Pour ce faire, le RN attend quelque 5 000 participants le samedi, tandis que 10 000 militants assisteront au premier grand meeting de la campagne présidentielle de Marine Le Pen le lendemain.
L'évènement risque toutefois d'être perturbé par une manifestation prévue contre la venue du Rassemblement national dans l'ancienne ville royale. Si toute mobilisation sera interdite le dimanche, les opposants au parti à la flamme se sont donné rendez-vous la veille, une semaine après le 17 octobre, pour exprimer leur inquiétude face à l'éventuelle arrivée au pouvoir de Marine Le Pen, qui est plus que jamais en tête des sondages d'intentions de vote. De 20 000 à 30 000 personnes sont attendues le samedi, dont 2 000 à 3 000 "éléments radicaux", selon la préfecture du Loiret. Quelques figures connues participeront au cortège, à l'image du premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, du maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko (LFI), ou encore de la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet.
Nous sommes confiants sur la bonne tenue de ce moment démocratique. Un cadre du RN
Les représentants du RN ont toutefois affiché leur confiance quant aux mesures mises en œuvre par les autorités pour sécuriser leur congrès : 3.000 policiers et gendarmes seront ainsi déployés, en sus du service d'ordre du parti. "Nous n'avons nullement changé, ni adapté, notre programme", a soutenu l'un des porte-paroles du RN ce jeudi, lors d'un échange avec des journalistes qui vont couvrir l'événement. La cité de Jeanne d'Arc sera claquemurée : tramways à l'arrêt, terrasses fermées, cirulation interdite dans le centre-ville et stationnement interdit tout le week-end. En outre, le congrès comme le meeting ont lieu loin du centre-ville, au sud de la ville. Des mesures de "prudence" qui doivent rassurer les militants.
La journée de samedi sera notamment consacrée à la proclamation des résultats de l'élection à la présidence du parti. Le suspense est limité : Jordan Bardella est le seul candidat à sa succession. Plus de 112 000 adhérents étaient appelés à voter jusqu'à ce jeudi soir, lors d'un scrutin qui devrait s'apparenter à un plébiscite. L'occasion aussi de démontrer que la popularité de l'eurodéputé n'a pas pâti des accusations d'écrits antisémites qui pèsent à son encontre depuis la publication d'articles de Mediapart, et qu'il a jusqu'à maintenant toujours démenties. Près de 68 % des adhérents ont participé malgré cette candidature unique.
Le Rassemblement national dévoilera également la composition de son conseil national, une sorte de Parlement interne composé de 100 de ses cadres, également élus par les adhérents qui devaient départager plus de 400 candidats. Le reste de la journée sera consacrée à diverses tables rondes centrées sur des thèmes chers au parti : école, ordre et résorption de la dette.
Le dimanche, place au meeting lui-même. Le président de l'UDR, Éric Ciotti, allié du RN, ouvrira le bal pour appeler à l'union des droites. C'est ensuite le président du parti fraîchement réélu qui prendra la parole, attendu sur le rétablissement de l'ordre, mais aussi sur ses mesures qu'il prendrait une fois à Matignon, en cas de victoire de Marine Le Pen à l'élection présidentielle. Jordan Bardella laissera ensuite la place à la candidate elle-même, pour l'apogée du meeting.
Devant une foule enthousiaste, la prétendante à l'Élysée doit donner le coup d'envoi officiel de sa campagne. Marine Le Pen aura un mot pour Jordan Bardella, qu'elle soutient depuis le début de la polémique sur les écrits antisémites qui lui sont attribués. Elle devrait également évoquer la commission d'enquête sur les violences commises en marge du 17 octobre, alors que le Rassemblement national n'a pas obtenu de poste de rapporteur et a annoncé qu'il boycotterait les travaux de l'instance.
Mais ce discours doit surtout être l'occasion pour Marine Le Pen de revêtir ses atours présidentiels. Pour ce faire, elle ordonnera son discours en trois axes, l'un sur la "renaissance", l'autre sur la "puissance", le dernier sur le modèle de "présidence", promettant une rupture radicale avec l'exercice du pouvoir par Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron. Avec une volonté martelée aux militants: la promesse de "remettre la France debout".