Alors que Raphaël Glucksmann est désormais officiellement désigné candidat de la famille sociale-démocrate en vue de l'élection présidentielle de 2027, les réactions sont déjà nombreuses à gauche. Si ses concurrents à la primaire ont admis un résultat clair et sans appel, tous n'ont pas montré le même enthousiasme quant à leur participation à la campagne élyséenne du vainqueur de ce soir.
C'est une victoire nette que celle du fondateur de Place publique, Raphaël Glucksmann, à la primaire sociale-démocrate. Désormais officiellement candidat à l'élection présidentielle, il est arrivé loin devant ses quatre concurrents Olivier Faure, Ségolène Royal, Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj.
"La démocratie ce soir, a parlé, et le résultat est sans appel. Je suis donc ce soir le candidat de la gauche démocratique à l'élection présidentielle", s'est réjoui Raphaël Glucksmann lors de sa première déclaration en tant que candidat à l'Élysée, dans la foulée de la proclamation des résultats. Le député européen s'est affirmé en tant que "candidat de la rupture avec le macronisme" et "candidat de la rupture avec l'hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche française". "Ce soir, la bataille de France commence", s'est-il aussi exclamé, martelant que "non, Madame Le Pen ne sera pas à l’Élysée en mai 2027".
Devant les journalistes réunis à l'espace Solaris, dans le XXe arrondissement de Paris, où était organisée la soirée électorale de la primaire, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a noté l'émergence d'"une majorité très claire (...) dès le premier tour". "Nous avons désormais un candidat, à nous tous et nous toutes de forger ensemble cet esprit de victoire", a-t-il déclaré après avoir remercié les électeurs l'ayant porté à la deuxième place du scrutin.
Ségolène Royal, arrivée en troisième position, s'est pour sa part dite "très déçue" au regard de son résultat, tout en estimant "avoir fait entendre une voix de femme, une conception différente du mode d’exercice du pouvoir". Interrogée sur son soutien futur, elle a répondu que, conformément à la charte signée par les cinq candidats, elle sera "pour celui qui a gagné ce soir", sans toutefois prononcer le nom de Raphaël Glucksmann, mais lui souhaitant "toute la force pour faire ce rassemblement à gauche qui sera difficile".
Emmanuel Maurel, quatrième de la primaire, a salué une victoire "qui oblige Raphaël Glucksmann et nous oblige collectivement, avec notre soutien qui sera loyal et exigeant, pour une candidature qui sera porteuse d’une alternative exigeante et rassembleuse".
Jérôme Guedj a enfin salué "une victoire nette, sans bavure, éclatante" témoignant, selon lui, du refus des électeurs socialistes d’une alliance avec La France insoumise. "Je continuerai ma campagne à la place que Raphaël Glucksmman jugera utile", a fait savoir le candidat arrivé à la dernière place du scrutin. "Ce n'est un secret pour personne, nous avions des convergences évidentes", a souligné celui qui souhaite participer à "reconstruire la gauche universaliste, républicaine, sociale, démocratique et écologiste".
Au-delà des participants à la primaire, d'autres représentants de la gauche ont d'ores et déjà réagi à la désignation de Raphaël Glucksmman en tant que candidat à l'élection présidentielle. "Nous prenons acte que le choix largement majoritaire des votantes et des votants s’est porté sur le candidat qui avait refusé une primaire populaire et ouverte", a écrit Marine Tondelier sur X. "Nous constatons aussi que c’est celui qui fait le choix du repli en refusant toute perspective d’alliance large de toute la gauche et des écologistes", a regretté la secrétaire nationale des Écologistes, estimant que "le chemin de la victoire passe par le refus du clanisme et du concept des gauches irréconciliables".
"Quelle surprise ! Raphaël Glucksmann remporte la primaire de Raphaël à Glucksmann !", a pour sa part ironisé François Ruffin, qui avait indiqué souhaiter participer à ce processus de désignation en vue de 2027, et fustigé "les apparatchiks, notamment de Place publique" qui l'en avaient empêché.
"Sortie de route. Fin de parcours", a tweeté Paul Vannier (La France insoumise). "Le PS ne s’est pas remis des 1,75% d’Hidalgo. Il sort ce soir de la scène politique nationale en ne présentant pas de candidature issue de ses rangs à la présidentielle", a considéré le député insoumis. Et d'ajouter en ciblant le Parti socialiste : "Suite logique de sa non censure [sur le budget 2026] et de son changement d’alliance, son candidat est prétendant au leadership au sein du bloc macroniste". Une façon de dénier à Raphaël Glucksmann sa légitimité à incarner une candidature de gauche à l'élection présidentielle.