Violences sexuelles: comment le questionnaire distribué aux élèves va fonctionner

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Image d'illustration. CC, photo This And No Internet 25 via Pexels.
par Maxence Kagni, le Mardi 29 septembre 2026 à 09:55

En cette rentrée scolaire, des questionnaires seront distribués aux élèves afin de savoir s'ils ont déjà subi des violences sexuelles. Qui sera concerné ? Comment cela va-t-il fonctionner ? LCP répond à vos questions sur ce dispositif qui pourra entraîner des saisines de la justice.

Questionnaires selon l'âge des élèves, Binôme entre enseignant et professionnel de santé, formations... à l'école, le dispositif destiné à repérer les victimes de violences sexuelles parmi les élèves se précise. 

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a détaillé ce lundi sur France inter les modalités de mise en œuvre du questionnaire qui sera distribué aux élèves et dont le but est de repérer les victimes de violences sexuelles. 

Cinq questions pour comprendre. 

  • Quand débutera la campagne de distribution du questionnaire ?

La mise en œuvre du dispositif va être "étalée dans le temps", a expliqué Édouard Geffray sur France inter. "La vitesse ne doit pas l'emporter sur la sécurisation de la parole", a précisé le ministre de l’Éducation nationale. La distribution des questionnaires doit commencer en novembre, mais Édouard Geffray a précisé vouloir "faire passer une grande partie des élèves d'ici le mois de décembre".

  • Quels seront les élèves concernés ?

Les élèves de la grande section de maternelle jusqu'à la terminale devront répondre à ce questionnaire. Le contenu du questionnaire va donc varier en fonction des âges : cinq versions différentes seront produites, précise France inter. 

  • Que contiendront les questionnaires ?

Les élèves pourront dire s'ils se sentent en sécurité chez eux ou si quelqu'un a déjà touché leurs parties intimes "sans que ce soit pour les soigner ou parce qu'ils ne peuvent se laver seuls".

Jusqu'au CE1, les questions, lues par un adulte, s'appuieront par exemple sur des dessins qui mettront en scène un enfant nommé Alix. Au lycée, les questions seront plus directes, comme "avez-vous déjà subi une agression sexuelle ou des actes sexuels sous la contrainte ?".

Dans le premier comme dans  le second degré, les questionnaires devront être distribués après une séance d'éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR) ou d'éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (EVARS), dont les établissements doivent prévenir en amont les parents. Mais cette obligation pourrait être "assouplie" pour éviter des absences le jour du questionnaire. 

  • Qui sera chargé de distribuer le questionnaire ?

La distribution et son traitement seront fait en binôme par un professeur et un professionnel de santé ou du secteur médico-social de l'Éducation nationale. Les rectorats devront également lancer dès le 1er octobre un programme de formation complémentaire de "plusieurs dizaines de milliers de personnels supplémentaires d'ici au 1er décembre".

  • Que se passera-t-il en cas d'alerte d'un élève ?

Le questionnaire devra être traité immédiatement après avoir recueilli les réponses des élèves afin de permettre une réaction rapide. Si l'élève a renseigné son nom sur le questionnaire, celui-ci sera aussitôt contacté par une assistante sociale ou par une infirmière ou par une psychologue de l'Éducation nationale.

Après avoir recueilli la parole de la victime, ces professionnels pourront "déclencher dans les heures qui suivent une information préoccupante ou une saisine de la justice", a précisé Édouard Geffray, qui explique que l’Éducation nationale réalise déjà près de 14 000 signalements par an pour des faits de violences sexuelles sur mineurs.

M.K. avec AFP