Dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale ce mardi 20 octobre, la présidente du groupe de La France insoumise, Mathilde Panot, a accusé le Premier ministre d'être "dangereux" pour le pays. Sébastien Lecornu a répondu, dénonçant "l'agenda politique" de LFI, qui veut "installer la violence et le chaos".
La séance de questions au gouvernement, majoritairement consacrée aux violences du 17 octobre, touchait à sa fin en ce mardi 20 octobre. Mais c'était sans compter avec une dernière passe d'armes entre la députée insoumise Mathilde Panot et Sébastien Lecornu. "Dix ans que vous êtes au pouvoir et vous osez prétendre que vous n’êtes jamais responsable de rien !", a débuté la présidente du groupe LFI, accusant le gouvernement de renvoyer la faute sur son parti. "Vous nous désignez responsables des problèmes que vous avez vous-mêmes créés, pour vous dédouaner de votre bilan catastrophique", a-t-elle poursuivi.
Revenant sur l'article de Mediapart, comme son collègue Manuel Bompard avant elle, Mathilde Panot a estimé qu'un "seuil inadmissible" avait été franchi. "Vous en êtes réduits à faire mentir une administration", a lancé l'élue insoumise, jugeant le Premier ministre "dangereux pour la démocratie". "Vous ne gouvernez pas, vous vous contentez de durer. (...) Quand il ne vous reste que la répression, c’est le signe qu’il faut partir", a conclu la députée.
En guise de réponse, Sébastien Lecornu lui a, dans un premier temps, posé une seule question : "Condamnez-vous l'incendie de la mairie de Limoges dont ce matin un premier suspect a été interpellé,appartenant à l'ultra gauche ?" Réplique de l'intéressée : "Vous n'avez pas eu un mot pour le jeune qui a perdu une main à Saint-Etienne, pas un mot pour la jeune qui a perdu un œil à Mulhouse, pas un !"
"C'est le moment de la grande clarification", a repris le Premier ministre, dans un second temps. Un peu plus tôt, ce dernier avait de nouveau appelé chacun des responsables politiques à "choisir son camp" entre "la violence et la République". "La manière dont vous avez instrumentalisé cet article de Mediapart, qui fait état d'un off d'un commissaire de police anonyme, est absolument scandaleuse", a dénoncé Sébastien Lecornu, assurant qu'il "n'y a pas de renseignement politique en France" et accusant LFI "de mentir" et "(se) vautrer dans les grand outrages pour créer le désordre".
"Je ne cherche pas à vous interdire. Personnellement, je veux vous combattre politiquement, dans les urnes, dans le cadre d'un exercice démocratique", a poursuivi le Premier ministre. "Nous n'avons pas peur, vous ne nous faites pas peur !", a-t-il encore lancé, jugeant que La France insoumise avait "choisi (son) camp", celui "de la honte".