La députée Agnès Firmin Le Bodo (Horizons) a annoncé, ce vendredi 30 octobre, avoir démissionné de sa fonction de corapporteure de la commission d'enquête créée par l'Assemblée nationale à la suite des violences qui se sont exercées le 17 octobre. Alors que le Rassemblement national, qui n'a pas obtenu de corapporteur, a décidé de boycotter les travaux de la commission, la députée déplore que l'instance ne respecte pas les équilibres politiques de la représentation nationale.
Face à "l'absence d'évolution de la situation", Agnès Firmin Le Bodo (Horizons) annonce sa démission de sa fonction de corapporteure de la commission d'enquête "sur les événements liés aux manifestations du 17 octobre 2026". La députée du parti d'Édouard Philippe et ancienne ministre s'était déjà mise "en retrait" la semaine dernière, considérant qu'il n'était pas possible de travailler "sans une partie de l'Assemblée nationale" sans risque de nuire à la "crédibilité" de la commission.
Mercredi 21 octobre, trois corapporteurs avaient été désignés à la suite de l'attribution des prérogatives d'une commission d'enquête à la commission des lois, présidée par Vincent Caure (Ensemble pour la République). À l'issue de votes à bulletin secret, Agnès Firmin Le Bodo (Horizons), Roger Vicot (Socialistes) et Pouria Amirshahi (Écologiste et social) avaient ainsi été nommés. Dans la foulée, le Rassemblement national avait annoncé qu'il boycotterait l'instance, faute d'avoir obtenu l'un des postes de rapporteurs, malgré son poids au Palais-Bourbon où il est le premier groupe politique en nombre de députés.
"Une commission d'enquête ne peut pas remplir pleinement sa mission sans un cadre de travail respectueux des équilibres démocratiques et de la composition de notre Assemblée", estime Agnès Firmin Le Bodo dans un communiqué publié ce vendredi. Jointe par LCP, la députée ajoute que "Marine Le Pen aura beau jeu de rappeler que le RN a été exclu et que le deal [sur le respect du pluralisme] n'a pas été respecté". "On leur offre la possibilité de se victimiser", déplore-t-elle, refusant tout à la fois d'incarner "un marchepied pour le RN" et "une caution pour la gauche". Agnès Firmin Le Bodo ignore à ce stade si elle sera remplacée en tant que corapporteure, si un nouveau vote aura lieu, ni même si elle participera aux travaux.
À la suite des violences et pillages du 17 octobre, il est prévu que cette commission se penche entre autres sujets sur "la façon dont les pouvoirs publics se préparent en amont de tels événements", mais aussi sur les "renseignements et les moyens dont ils disposent", alors que l'exécutif a reconnu des défaillances concernant l'anticipation de l'ampleur de la mobilisation du 17 octobre, ainsi que les risques de débordements.
La commission d'enquête commencera ses travaux mardi prochain, le 3 novembre, par l'audition du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.