Les députés de la commission des finances se sont prononcés ce jeudi pour réduire à cinq ans la durée pendant laquelle les anciens Premiers ministres bénéficient de leurs avantages après la fin de leur fonction, contre dix ans à l'heure actuelle.
De l'aveu de la députée Marie-Christine Dalloz (Droite républicaine), c'est avant tout un "signal" envoyé à Matignon. Dans le cadre des débats budgétaires, les élus de la commission des finances de l'Assemblée nationale ont adopté, ce jeudi 22 octobre, son amendement pour diviser par deux la durée pendant laquelle les ex-Premiers ministres bénéficient d'avantages : voiture avec chauffeur et secrétariat particulier.
Jusqu'à l'arrivée de Sébastien Lecornu à Matignon, les anciens Premiers ministres pouvaient disposer d'une voiture avec chauffeur sans limitation de durée. Par un décret pris en septembre 2025, l'actuel chef du gouvernement a borné cet avantage en l'alignant sur la durée prévue pour la mise à disposition d'un secrétaire particulier, c'est-à-dire dix ans après la fin de leur bail à Matignon. "Insuffisant" au vu des "efforts demandés aux Français", a jugé Marie-Christine Dalloz ce jeudi, plaidant pour ramener cette durée à cinq ans.
Les Français ne comprennent pas que dix ans après, les anciens Premiers ministres aient encore un véhicule, un chauffeur et un secrétariat. Marie-Christine Dalloz, députée DR
En 2025, le coût des avantages réservés aux anciens Premiers ministres s'est élevé à 1,72 million d'euros, en hausse de près de 8 % par rapport à l'année précédente, notamment du fait de la "multiplication des ex-Premiers ministres". Cette enveloppe devrait néanmoins diminuer de près de 500 000 euros en 2026, en raison du décès de deux anciens chefs de gouvernement, Lionel Jospin et Édouard Balladur au cours de l'année, mais aussi de la décision prise par Sébastien Lecornu en 2025.
L'amendement de Marie-Christine Dalloz prévoit de raboter de 520 000 euros supplémentaires l'enveloppe allouée aux anciens locataires de Matignon. Pour être appliqué, cet amendement devra non seulement figurer dans la copie budgétaire finale, mais il devra aussi faire l'objet d'un décret de l'exécutif. "On aurait aimé que ce signal soit aussi envoyé aux anciens présidents de la République", a commenté Éric Coquerel (La France insoumise), alors que le coût des avantages accordés aux ex-chefs de l'État devrait mécaniquement augmenter avec la fin du mandat élyséen d'Emmanuel Macron.