Le président de la République, Emmanuel Macron, qui prône un "retour au calme", a annoncé ce jeudi 22 octobre que seules les manifestations organisées par des syndicats seront susceptibles d'être autorisées ce week-end. Une décision contestée et jugée "liberticide" par La France insoumise.
Emmanuel Macron souhaite ce week-end l'interdiction des manifestations organisées par "des gens qui n'ont aucune légitimité pour cela". Le président de la République s'est exprimé ce jeudi à l'issue d'une réunion avec les services de renseignement. "La recommandation générale, c'est qu'il n'y ait pas de manifestation dans les jours à venir", a-t-il indiqué, précisant que seuls les cortèges déclarés par les syndicats seraient susceptibles d'être autorisés.
Le chef de l'Etat a expliqué qu'une "doctrine a été arrêtée, de manière très claire", s'agissant du maintien de l'ordre ces samedi 24 et dimanche 25 octobre : "Partout où il y a une volonté de manifester, de se regrouper, des demandes qui sont faites par des gens qui n'ont aucune légitimité pour cela, elles seront interdites par les préfets, parce que ce n'est pas le moment, parce que nous voulons le retour au calme", a déclaré Emmanuel Macron.
Quand ce ne sont pas des organisations syndicales, partout où on le peut, on interdira pour que le calme soit là. Emmanuel Macron
Les demandes de manifestations organisées par les syndicats seront, quant à elles, examinées "conformément à notre droit" par les préfets : "On leur proposera des tracés alternatifs pour protéger nos centre-villes et en particulier nos commerces et nos bâtiments publics", a fait savoir le président de la République.
Ces interdictions se feront "au cas par cas", a précisé la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, à l'issue du Conseil des ministres, expliquant que ces décisions se feront dans le cadre de "l'État de droit" dans lequel "les préfets ont le droit d'interdire des manifestations lorsque celles-ci sont susceptibles de causer d'importants troubles à l'ordre public". "Des recours sont possibles devant le tribunal administratif", a rappelé Maud Bregeon.
La prise de parole d'Emmanuel Macron a entraîné des réactions virulentes de la part de députés de La France insoumise : "Ainsi mourut le droit de manifester", a commenté Alma Dufour sur ses réseaux sociaux. "Ahurissant. Inacceptable. Le droit de manifester est individuel et inconditionnel", a écrit Aurélien Saintoul.
Face à une décision jugée "liberticide", le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, Eric Coquerel (LFI), met en garde : "Voilà le genre même de décision susceptible de générer le chaos", écrit-il, ajoutant que "la police devra gérer une situation vraisemblablement éclatée et non anticipée". Et d'ajouter : "On peut se demander si ce n’est pas ce qui est recherché."