"Vous êtes prêts à tout (...) avant de demander ne serait-ce qu’un centime à Bernard Arnault et aux milliardaires français", a lancé l'économiste sur X, jeudi 1er octobre, après que le gouvernement a présenté sa copie budgétaire pour 2027. "D'autres choix budgétaires sont devenus impératifs", plaide Gabriel Zucman.
La taxe qui porte son nom a largement agité les débats budgétaires l'année dernière. L'économiste Gabriel Zucman a réagi sur X au projet de budget du gouvernement dévoilé hier fustigeant une copie qui protège les plus riches. "C’est (...) aux autres catégories sociales qu’il est demandé de faire des efforts. Une fois de plus", déplore-t-il dans un long post analysant plusieurs mesures du texte.
Selon lui, le gouvernement s'évertue à consentir des "faveurs" aux grandes fortunes et aux grandes entreprises. "Nous avons avant tout un problème de recettes publiques et non de dépenses publiques", assure-t-il.
"Au lieu de faire payer aux milliardaires leur juste contribution, le gouvernement a choisi de s’en prendre d’abord aux retraités : 5 milliards de baisses de revenus pour nos parents et grands-parents", regrette Gabriel Zucman. Tout en indiquant que cette somme correspondait à l'impôt sur la fortune "supprimé par Emmanuel Macron en 2017". Au début de son premier quinquennat, le chef de l'État a décidé de remplacer l'ISF par l'impôt sur la fortune immobilière (IFI), qui a rapporté 2,3 milliards d'euros en 2025, selon Bercy.
L'économiste salue ironiquement la "créativité" du gouvernement "pour défendre les privilèges fiscaux des ultra-riches", que ce soit via la fiscalisation des arrêts maladie, la taxe "sucre" ou encore la baisse de l'allocation scolaire. "Il n’y a dans ce budget aucune mesure pour faire rentrer [les ultra-riches] dans le champ de la solidarité nationale", dénonce Gabriel Zucman.
Les annonces de Sébastien Lecornu "consolident le triomphe de l’injustice fiscale et sociale" et "mettent en péril nos finances publiques". Gabriel Zucman, économiste
"Malgré l’explosion de leur fortune, les milliardaires ne contribuent pas aujourd’hui à hauteur de ce qui est demandé aux autres catégories sociales", considère l'économiste. Selon lui, "il n’y a guère de raison de mettre à contribution qui que ce soit avant de s'être assuré que les milliardaires ne paient pas moins d’impôt que les classes moyennes et que les grandes entreprises ne paient pas moins que les PME". Et de vanter les mérites de sa fameuse taxe éponyme, cet impôt plancher de 2 % qui viserait les 1 800 foyers fiscaux disposant de plus de 100 millions d'euros de patrimoine et qui, selon lui, rapporterait 20 milliards d'euros.
"D’autres choix budgétaires sont devenus impératifs", argue l'économiste. Avant de terminer son argumentaire par des questions rhétoriques : "Peut-on continuer à tolérer que TotalÉnergies ne paie pas ou presque d’impôt sur les sociétés en France ? Peut-on tolérer que les grands groupes multinationaux, dont les profits explosent, puissent payer encore moins en 2027 qu’en 2026, comme le prévoit le budget ? Non, bien évidemment que non."