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Bertrand Pancher, le 15 septembre 2022

Bertrand Pancher (LIOT) : "Nous sommes un groupe d'opposition mais aussi de propositions"

Actualité
par Maxence Kagni, le Jeudi 15 septembre 2022 à 17:11, mis à jour le Jeudi 15 septembre 2022 à 21:40

Lors de leurs journées parlementaires, les députés du groupe Libertés Indépendants Outre-mer et Territoires (LIOT) ont annoncé leur volonté d'obtenir des avancées pour les territoires, en négociant avec le gouvernement, et de faire de ces avancées la condition de leur soutien éventuel à certains textes de l'exécutif. 

Bertrand Pancher, le président du groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires (LIOT) en est certain : "Le gouvernement et sa majorité doivent maintenant obligatoirement trouver des compromis avec nous." Jeudi, lors des journées parlementaires de son groupe, organisées du 14 au 16 septembre dans la Marne et dans la Meuse, le député a profité de la présence du ministre délégué aux Relations avec le Parlement, Franck Riester, pour faire passer des messages à l'exécutif : "Notre pays ne pourra se réformer qu'à partir du moment où il y a un choc d'écoute à tous les niveaux."

Les députés du groupe LIOT ont insisté sur leur singularité : "Nous sommes évidemment le groupe des territoires", a déclaré Bertrand Pancher, prônant un "choc de décentralisation, de responsabilité". "Nous sommes un groupe d'opposition mais aussi de propositions", a-t-il encore ajouté lors d'un bref point presse, organisé à l'hôtel du Mont-Aimé à Bergères-les-Vertus (Marne). Ainsi, concernant la réforme de l'assurance-chômage, Bertrand Pancher espère que le gouvernement saura "prendre en compte les situations [différentes] partout sur les territoires", notamment dans les Outre-mer.

"Faire la bascule"

Le groupe LIOT est un groupe dit "technique". Il réunit des élus d'horizons politiques différents (ex-UDI, centristes, sociaux-démocrates, députés corses, ultramarins) rassemblés dans le but d'obtenir les moyens qu'offre la création d'un groupe politique : journée d'initiative parlementaire, temps de parole lors des débats, questions au gouvernement, moyens de fonctionnement... Le groupe LIOT, qui a récemment enregistré l'arrivée de quatre députés "sociaux-démocrate", compte désormais 20 membres*. 

"Le but de ces journées parlementaires est de voir quels sont les axes sur lesquels notre groupe va se battre et éventuellement négocier avec le gouvernement, et à quelles conditions nous pourrions voter ou ne pas voter tel ou tel texte", a expliqué le député de la Marne Charles de Courson. "On a commencé à arrêter quels sont les amendements phares qui conditionneront notre position finale tant sur la loi de finances que sur d'autres textes en cours."

Mais la composition du groupe - et son hétérogénéité - ne permettront pas toujours de trouver un consensus : "On ne sera peut-être pas d'accord sur tout, mais dans tous les cas, cela fera un enrichissement commun", a expliqué le coprésident du groupe Christophe Naegelen. La nouvelle donne politique offre toutefois un pouvoir de négociation accru aux parlementaires LIOT : "On n'est pas le seul groupe d'opposition qui pourrait servir à faire la bascule, mais par contre on en fait partie", souligne le député. Le groupe LIOT entend également "renforcer ses liens avec le Sénat", a expliqué Bertrand Pancher, conscient de l'importance accrue des commissions mixtes paritaires en l'absence de majorité absolue à l'Assemblée nationale. 

Signe de l'intérêt du gouvernement, Franck Riester est venu exprimer la volonté de dialogue de l'exécutif, qui aura besoin de toutes les voix pour faire adopter ses réformes : "C'est vrai que [nous avons] la volonté de travailler différemment, peut-être, du précédent quinquennat en prenant le temps de davantage écouter les oppositions constructives", a indiqué le ministre délégué aux Relations avec le Parlement, qui a promis d'être "à l'écoute des contributions, des remarques, des critiques et des propositions".

 

 

 

 


Quatre députés viennent de rejoindre le groupe LIOT : Jean-Louis Bricout, Laurent Panifous, Benjamin Saint-Huile et David Taupiac. Ces élus socialistes ne souhaitant pas rejoindre la Nupes étaient auparavant non inscrits. Ils avaient annoncé en juin leur volonté de créer un groupe de dissidents socialistes. Cette idée ne semble pas totalement abandonnée : "S'il y a des élus de gauche qui se sentent en difficulté dans la Nupes, j'y serai très attentif, comme d'autres", a expliqué Benjamin Saint-Huile à LCP, avant de préciser que les quatre députés socialistes ont "vocation à travailler et à faire fonctionner le groupe LIOT de la meilleure des manières".