L'insoumis Éric Coquerel réclame un projet de loi de finances rectificative (PLFR) qui serait débattu dans le cadre d'une session extraordinaire "dès fin août", afin d'augmenter les crédits pour lutter contre les méga-feux et le réchauffement climatique.
"Les incendies de l’été nécessitent d’ouvrir des crédits d’urgence. Cela ne peut attendre janvier et la loi de finances 2027". C'est ainsi que le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, Éric Coquerel (La France insoumise), a justifié sur X le 1er août sa demande de projet de loi de finances rectificative (PLFR) "que l’Assemblée pourrait examiner dès fin août dans le cadre d’une séance extraordinaire".
Dans un courrier adressé au Premier ministre, Sébastien Lecornu, l'insoumis estime en effet "impératif d'engager sans attendre les investissements nécessaires au renforcement des capacités opérationnelles de nos services de secours", et ajoute que "dans le même temps, l'État doit rapidement mobiliser des financements afin de soutenir les territoires sinistrés".
"Si on dépasse un montant de 12 milliards, nous sommes obligés de passer par un PLFR. Entre la canicule et les incendies, si nous voulons faire quelque chose de sérieux, nous dépasserions largement ces 12 milliards", développe le député dans un entretien à Libération paru lundi soir. Prévoyant de lancer à la rentrée une "mission flash" pour estimer le coût précis, le président de la commission des finances considère d'ores et déjà que "c'est de l'ordre de plusieurs milliards".
Il explique également ce qui pourrait constituer selon lui des pistes de financement. Il évoque notamment la taxation des multinationales qui ont fait des superprofits, "exactement comme cela avait été fait au moment du Covid". "Tout le monde doit faire un effort", argue-t-il aussi, "TotalEnergies est l'entreprise française qui a fait le plus de bénéfices. Ils pourraient largement payer une taxe de 2 milliards d'euros".
Le président de la commission des finances souligne avoir demandé dès le mois d'avril un PLFR "pour faire face aux conséquences de la guerre en Iran sur notre économie", puis en juin, après la première canicule, "pour prendre des mesures d'urgence, installer des climatiseurs dans les Ehpad, les écoles, les hôpitaux...". "À ce moment-là, le premier incendie important de la saison, dans les Pyrénées-Orientales, était en cours. Je disais donc déjà qu'on ne pourrait pas attendre janvier 2027 pour rectifier les crédits destinés à la lutte contre les incendies", fait aussi valoir le député dans les colonnes de Libération.
Face à l'argument du gouvernement selon lequel les députés LFI, par un parallélisme des formes, refuseraient de voter ce PLFR tout comme ils ont refusé de voter l'ensemble des budgets du gouvernement, Éric Coquerel répond que, "vu la crise que connaît la Gironde et d'autres départements, nous pourrions tous être pragmatiques et nous entendre sur un PLFR".