"Covid long" : la proposition de loi pour une plateforme de référencement votée en séance

Actualité
par Soizic BONVARLET, le Vendredi 26 novembre 2021 à 14:16, mis à jour le Vendredi 26 novembre 2021 à 18:25

Les députés ont adopté à l'unanimité, vendredi 26 novembre, une proposition de loi portée par Michel Zumkeller dans le cadre de la journée d'initiative parlementaire du groupe UDI et indépendants, "visant à la création d’une plateforme de référencement et de prise en charge des malades chroniques de la Covid-19".

"Un vrai défi de santé publique", c'est ainsi que le rapporteur de la proposition de loi, Michel Zumkeller (UDI et Indépendants), en a défini l'enjeu. De fait, cette "maladie nouvelle qui touche des centaines de milliers de nos concitoyens", est encore assez peu médiatisée au regard de la place prise par la crise sanitaire dans l'actualité, tandis que les personnes concernées se sentent souvent peu écoutées, voire délaissées.

"Ce ne sont pas des malades imaginaires"

Publiée le 8 novembre, une étude relayée dans le Journal of the American Medical Association, avançait que les symptômes associés au covid long pourraient avoir une origine psychosomatique. De nombreux malades, ainsi que des médecins, avaient réagi à cette hypothèse, la contredisant, ou affirmant qu'elle ne dévaluait pas pour autant les symptômes, rééls, des personnes touchées. Ceux-ci peuvent aller d'une perte de goût et d'odorat à des troubles cardio-vasculaires ou neurologiques, en passant par une fatigue chronique et sévère.

"Leur souffrance est réelle. Ce ne sont pas des malades imaginaires", a ainsi tenu à rappeler Michel Zumkeller. "Il nous incombe de reconnaître leur maladie, et de mettre fin à l’errance médicale qui alimente le désespoir de ces patients". C'est l'objet de la proposition de loi, qui vise à créer une plateforme de référencement des cas de "covid long", mais aussi à orienter les patients vers les filières de soins.

"Il n’existe à ce jour aucun décompte officiel des personnes touchées par le covid long", a également indiqué Michel Zumkeller. La plateforme créée par la proposition de loi constituerait également une base de données nationale permettant de mieux évaluer le phénomène, voire même, de contribuer à la recherche.

Le secrétaire d’État chargé de l'enfance, Adrien Taquet, présent au banc du gouvernement, a lui aussi évoqué un "sujet important de santé publique". Il a tenu à distinguer le syndrome de covid long, qui concernerait 1,7 millions de personnes en France, souffrant de symptômes persistants du Covid pendant "4 à 12 semaines", et celui du post-covid (au-delà de 12 semaines), qui toucherait 700 000 individus.

A propos de ces patients, le ministre a évoqué "un vrai besoin de prise en charge et une demande légitime de reconnaissance". Il a ainsi rappelé les initiatives déjà prises par le gouvernement, au travers de cellules de coordination post-covid, "visant à accompagner, à informer, à orienter les professionnels et les patients". Au nombre de 118, elles sont réparties sur l’ensemble du territoire et placent les médecins généralistes au centre du dispositif.

"Nous poursuivons par ailleurs l’effort de recherche", a également indiqué le ministre, avant d'assurer Michel Zumkeller de son soutien, le gouvernement, "très mobilisé", partageant "les objectifs de la proposition de loi".

Tout-numérique et sécurité des données

Si le texte a, par ailleurs, été plébiscité sur tous les bancs de l'Hémicycle, certains en ont pointé quelques insuffisances. "Nous approuvons l'idée d'organiser et de planifier la prise en charge des patients, comme le propose cette proposition de loi", a indiqué Bastien Lachaud (La France insoumise), avant de déplorer la nature exclusivement numérique du dispositif, laissant de côté tout un pan de la population selon lui. Il a également alerté sur la sécurité des données, corollaire de la mise en place d'une telle plateforme, et sur les "violations du secret médical potentielles".

Valérie Rabault (Socialistes et apparentés), a pour sa part évoqué la nécessaire reconnaissance en maladie professionnelle pour les personnes souffrant d'une forme durable du Covid-19 qui les aurait infectées sur leur lieu de travail. Elle a également pointé les silences du texte à propos de "la recherche à consacrer sur les causes du covid long".

La proposition de loi a été adoptée en fin de journée, à l'unanimité des 46 votants.