"Je vais l'offrir à mes grands-parents": au meeting de Mélenchon, les militants repartent avec le programme et une mission

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Jean-Luc Mélenchon, le 7 novembre 2026.
Jean-Luc Mélenchon, le 7 novembre 2026. Kenzo Tribouillard - AFP
par Maxence Kagni, le Samedi 7 novembre 2026 à 20:13, mis à jour le Samedi 7 novembre 2026 à 20:15

REPORTAGE. Au meeting de Jean-Luc Mélenchon, ce samedi 7 novembre au Bourget, les sympathisants de La France insoumise sont venus en nombre découvrir le programme présidentiel du mouvement. Beaucoup sont repartis avec plusieurs exemplaires, bien décidés à convaincre leurs proches.

"Je vais l'offrir, moi je suis déjà convaincue, j'en ai pris trois exemplaires." Issam, 62 ans, est venue écouter Jean-Luc Mélenchon, qui a présenté ce samedi la nouvelle version de son programme, L'Avenir en commun, dans un Parc des expositions du Bourget plein à craquer. La France insoumise revendique la présence de plus de 20 000 personnes.

Comme beaucoup d'entre elles, Issam n'hésite pas à faire la queue à l'intérieur de la vaste salle, pour faire l'acquisition de l'ouvrage, vendu 4,90 euros pièce. La sympathisante LFI, qui assiste ce samedi à son premier meeting, espère convaincre sa fille et des voisins en leur offrant le livre. "Ils ont un peu peur parce que LFI a une grande gueule", explique-t-elle. 

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Des exemplaires de L'Avenir en commun.

Dans la longue queue qui s'est formée dans un coin du hall, Théo, 19 ans, explique qu'il veut en acheter deux ou trois copies : "Je vais l'offrir à des personnes de ma famille, comme mes grands-parents, parce que je pense qu'ils ne votent pas pour Jean-Luc Mélenchon, ils écoutent trop ce qui se dit à la télévision, qui n'est pas la réalité." Plusieurs personnes interrogées expliquent elles aussi acheter plusieurs exemplaires pour les distribuer autour d'elles, dans la famille, auprès d'amis et même au travail.

Selon les insoumis, la mise en vente de l'Avenir en commun, qui a débuté vendredi, est un succès. Le député Antoine Léaument, responsable de la communication de LFI, explique que la première impression du livre de 80 000 exemplaires est déjà en rupture de stock, tandis que 50 000 autres ont déjà été réimprimés.

Une minute de silence pour Pengo Bossio Wangi

L'ambiance est chaleureuse : "A notre tour de changer l'histoire, à bas la résignation des battus d'avance !", lance Jean-Luc Mélenchon, au moment de monter sur scène. Rapidement, le ton est beaucoup plus solennel, le leader de La France insoumise lançant une minute de silence en hommage à ​Pengo Bossio Wangi, assassiné lors de l'attentat raciste de Trappes. 

Après avoir promis de "poursuivre au peigne fin le racisme", Jean-Luc Mélenchon en vient au thème principal de l'après-midi : "Vous savez qu'il y a 1 000 mesures dans le programme, je vais vous les détailler une par une...", plaisante le tribun insoumis. "Il faut assumer ce programme, qui est à la hauteur du moment", déclare-t-il.

"Notre programme, c'est d'abord une vision d'ensemble pour réorganiser notre pays en profondeur", affirme Jean-Luc Mélenchon. Le leader insoumis insiste sur la centralité de L'Avenir en commun, qui le rend, selon lui, incontournable à gauche : "C'est le seul qui a déjà rassemblé à deux reprises plus de 7 millions de suffrages." En cas de victoire, les insoumis promettent de "changer complètement de logique économique" : "Ils font une politique dans un sens, nous allons faire exactement le contraire", promet le candidat à l'élection présidentielle, qui évoque une "politique de relance" et de "consommation populaire".

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Jean-Luc Mélenchon, le 7 novembre 2026.

Économie, Palestine, sortie de l'Otan, "désarmement nucléaire", "planification écologique", santé... Jean-Luc Mélenchon défend pendant une heure les 1069 mesures de son programme présidentiel. L'insoumis revendique sa radicalité : "D'autres commentateurs me recommandent de mettre de l'eau dans mon vin pour séduire et être moins clivant. Je ne le ferai pas", balaie-t-il. "Ou bien une mesure est efficace et on l'applique à 100 %, ou bien elle n'est pas efficace et elle ne vaudra pas mieux divisée par deux", lance-t-il à la foule.

Un "carnet de la victoire"

Avant le discours de leur candidat, les insoumis ont innové en diffusant un film visant à présenter le programme en suivant l'histoire d'une jeune femme enceinte. Produite en interne, la vidéo était entrecoupée d'interventions de figures de La France insoumise : après l'introduction de Clémence Guetté, le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko et le député Louis Boyard ont évoqué la mobilisation lycéenne, la présidente des députés LFI Mathilde Panot la lutte contre l'habitat indigne, le maire de Roubaix David Guiraud la lutte contre l'extrême droite...

Une mise en scène permettant aux Insoumis de montrer qu'ils forment une "équipe" et qui a permis de mesurer l'énorme popularité auprès du public insoumis de Bally Bagayoko, de l'eurodéputée Rima Hassan et du coordinateur de LFI, Manuel Bompard. Ce dernier, tout comme Jean-Luc Mélenchon, a d'ailleurs fait applaudir les quelques députés PCF présents dans la salle, trois jours après l'annonce du ralliement de la moitié du groupe communiste à la campagne insoumise. "Le programme [L'Avenir en commun] est très proche de celui que nous avons défendu en 2024, dans le cadre du Nouveau Front populaire", a justifié Stéphane Peu à LCP, quelques minutes avant le début du meeting. 

Les insoumis espèrent désormais s'appuyer sur leur démonstration de force de ce samedi pour poursuivre leur dynamique. "L'Avenir en commun doit être un point d'appui pour que notre peuple se rassemble autour de lui", a expliqué Jean-Luc Mélenchon. Les insoumis lancent d'ailleurs ce samedi un "carnet de la victoire" de 100 pages, qui est un guide à destination des militants, comprenant fiches pratiques, argumentaires et réponses aux idées reçues, afin de faciliter la vie de ses militants.

LFI entend en effet appliquer la stratégie des "causes communes", qui revient à apporter des "réponses concrètes d'intérêt général". Une méthode expliquée par le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard : "La question c'est de parler à tout le pays, pas de savoir si les gens aiment les Insoumis ou Jean-Luc Mélenchon", explique le député. Pour lui, un éventuel succès de la campagne insoumise reposera sur la réception de l'Avenir en commun : "Est-ce que les gens sont d'accord avec notre programme, est-ce qu'ils sont d'accord avec nous du point de vue des réponses ? Si oui, c'est avec nous qu'il faut cheminer."

Maxence Kagni, au Bourget