La députée Sabrina Sebaihi accuse Sébastien Lecornu d'avoir "abattu" Pengo Bossio Wangi "une deuxième fois", Laurent Nuñez dénonce une "violence inouïe"

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par Maxence Kagni, le Mercredi 28 octobre 2026 à 17:21, mis à jour le Mercredi 28 octobre 2026 à 17:23

Lors des questions au gouvernement, ce mercredi 28 octobre, la députée écologiste Sabrina Sebaihi a reproché au Premier ministre d'avoir "abattu" Pengo Bossio Wangi, tué venderdi dernier dans l'attentat raciste de Trappes, "une deuxième fois" en "convoquant la mort de Quentin Deranque" lors de la séance d'hier dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. En réponse, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a dénoncé une "charge d'une violence inouïe". 

Après une séance sous haute tension hier, l'attentat raciste de Trappes à une nouvelle fois donné lieu à un échange très vif ce mercredi dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Lors de la séance des questions au gouvernement, la députée Sabrina Sebaihi (Écologiste et social) a accusé le Premier ministre, Sébastien Lecornu, d'avoir "abattu (...) une deuxième fois" Pengo Bossio Wangi. Ce Français de 26 ans est mort, vendredi dernier, dans l'attentat raciste de Trappes. 

Cet après-midi, la députée des Hauts-de-Seine a interpellé le chef du gouvernement, lui reprochant plusieurs "fautes" lors de son intervention d'hier, lors de la précédente séance des questions au gouvernement. 

Ne "opposer un mort à un autre mort"

Devant les députés, Sébastien Lecornu avait tout d'abord dénoncé l'"attentat terroriste raciste" de Trappes : "Il faut lutter de la manière la plus claire devant toute forme de recours à la violence, devant toute forme de racisme, d'antisémitisme, de discrimination, d'homophobie", avait-il déclaré, en répondant à la présidente des députés écologistes, Cyrielle Chatelain. 

Dans un deuxième temps, le Premier ministre avait ajouté que l'on ne pouvait pas, "dans la République", "opposer un mort à un autre mort". Sébastien Lecornu avait notamment évoqué l'"affrontement entre ultra gauche et ultra droite avec la mort de Quentin [Deranque]", le jeune militant d'extrême droite radicale tué à Lyon en février dernier.

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Une prise de parole vivement critiquée par une partie de la gauche sur les réseaux sociaux. "Minable Premier ministre qui renvoie dos à dos les néonazis et leurs victimes" a, par exemple, commenté le député Hadrien Clouet (LFI), tandis que le président des députés communistes Stéphane Peu a déploré un "naufrage".

Bientôt un hommage national aux victimes de l'attentat

Ce mercredi, Sabrina Sebaihi a fustigé une "faute" : "Si toute mort est tragique, un attentat terroriste n'est pas une rixe de rue, Pengo n'est pas mort dans une bagarre, il est mort parce qu'il était noir", a-t-elle souligné. Selon elle, "pour la première fois, un Premier ministre a banalisé un acte terroriste ayant tué un de nos compatriotes". Et d'ajouter : "[Sébastien Lecornu] avait raison, l'an dernier, quand il disait être un moine-soldat, oui, mais il est celui de l'extrême droite."

Répondant pour le gouvernement, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a immédiatement regretté une "charge d'une violence inouïe" de la part de la députée. Selon lui, l'accusation de Sabrina Sebaihi "ne correspond absolument pas à ce qu'a dit le Premier ministre hier" : "Nous ne faisons aucune différence, c'est un acte terroriste extrêmement grave et nous l'avons condamné", a-t-il martelé. 

"Nous avons toujours traité les actes terroristes de la même façon, qu'ils soient antisémites, qu'il soient racistes, qu'il soient dirigés contre d'autres catégories de la population", a insité Laurent Nuñez, qui a demandé à la députée écologiste de ne pas "porter un coup de canif au vivre-ensemble et à la cohésion nationale".

Plus tôt dans la journée, le gouvernement avait annoncé qu'un hommage national serait prochainement rendu aux victimes de l'attentat raciste de Trappes et de La Verrière, qui a fait un mort et plusieurs blessés.