Olivier Véran sur la stratégie vaccinale : "Nous ne naviguons pas à vue"

Actualité
par Soizic BONVARLETJason Wiels, le Mardi 12 janvier 2021 à 13:16, mis à jour le Mardi 12 janvier 2021 à 16:49

Alors que le cap des 138 000 Français vaccinés a été franchi, le ministre des Solidarités et de la Santé a confirmé devant les députés l'accélération du calendrier de la campagne vaccinale contre la covid-19. Un seul cas d'allergie sans gravité a été recensé. Les plus de 75 ans vont pouvoir prendre rendez-vous à partir de jeudi.

Dès la semaine dernière et avant même la fin de la suspension des travaux parlementaires, des voix s'étaient élevées au Parlement afin de réclamer la tenue d'un nouveau débat, de préférence avec vote, sur la stratégie vaccinale du gouvernement. Alors que l'exécutif ne semble pas privilégier cette option, et à la veille d'un Conseil de défense sanitaire qui pourrait marquer un nouveau tournant dans la lutte contre l'épidémie de covid-19, la parole du ministre de la Santé était particulièrement attendue par les députés.

Une accélération mais pas de nouvelle stratégie

"La stratégie n'a pas changé, les priorités non plus, le calendrier a en revanche été accéléré". C'est ainsi qu'Olivier Véran, auditionné par les députés de la commission des affaires sociales, a introduit son propos. Une réponse adressée à ceux qui fustigent les atermoiements du gouvernement en matière de stratégie vaccinale. "Nous ne naviguons pas à vue", a-t-il aussi martelé.

Il faut dire que l'exécutif était attendu de pied ferme sur cette question, après les polémiques répétées sur les masques et les tests. Le ministre de la Santé voit dans la vaccination une "étape décisive qui nous permet enfin d'entrevoir une sortie possible de cette crise". Pendant la trêve de Noël, les parlementaires ont constaté des lenteurs sur le terrain après les premières vaccinations symboliques du 27 décembre. Surtout, d'autres pays européens ont mis les bouchées doubles pour vacciner leur population. À date, le ministre a annoncé que plus de 138 000 personnes avaient désormais reçu la première dose de vaccin.

Des gages de transparence donnés par le ministre

Parmi elles, Olivier Véran a dévoilé qu'"un cas d'effet indésirable de nature allergique" avait été constaté, cependant sans complication grave.

Il est par ailleurs revenu sur les modalités d'approvisionnement, confirmant le chiffre à date de "500 000 doses par semaine", "puis ce sera un million de doses, de vaccin Pfizer". Le ministre de la Santé a, par ailleurs, contesté tout "problème logistique" en matière de stock d’aiguilles afin de pratiquer les vaccins. La France disposerait actuellement de "3,3 millions d'aiguilles", auxquelles s'ajouteront 2 millions supplémentaires d'unités "dans les prochains jours", et de "4,6 millions de seringues". "Nous allons également en recevoir dans les prochains jours", a indiqué Olivier Véran.

Tweet URL

Il a également assuré que la majorité des territoires avaient d'ores et déjà été équipés en "supercongélateurs", afin de pouvoir conserver les doses de vaccin à la température requise, qui doit être inférieure à - 80 degrés Celsius. "Le dernier sera livré à Mayotte le 20 janvier", a-t-il précisé.

L'évolution de la priorisation des publics visés

Sur les effets du vaccin, le ministre de la Santé a concédé qu'à l'heure actuelle, la communauté scientifique ne disposait pas "de données suffisamment solides sur le fait que le vaccin préserverait de la transmission du virus", d'où le fait que les populations présentant un risque infime de développer une forme grave de la maladie, et en particulier les jeunes, ne soient aujourd'hui pas concernées par le vaccin, hors professions particulièrement exposées. "Nous savons que le vaccin protège les poumons des formes graves, c'est pour cela que nous ciblons en priorité les personnes âgées", a encore indiqué Olivier Véran. 

Tweet URL

Il a également indiqué qu'"un système de prise de rendez-vous par Internet et par téléphone destiné aux personnes âgées de 75 ans et plus qui vivent à la maison" sera bientôt mis en place. Cependant, cette tranche de la population équivalant à 5 millions de personnes, "chacun peut comprendre que tout le monde ne sera pas vacciné le lendemain de l'ouverture des centres à ce public", a déclaré le ministre, la France ne disposant pas à ce stade du nombre nécessaire de doses.