Candidat à la primaire du camp social-démocrate, le député Philippe Brun a présenté ce mercredi son programme économique, intitulé "Produire". "La production est à la base de tout", estime l'élu de l'Eure. Sur les retraites, il appelle à passer à un "système mixte avec beaucoup de capitalisation".
En juin, il avait annoncé être candidat à la primaire du camp social-démocrate, qui aura lieu en octobre. Ce mercredi 19 août, avant les rentrées officielles des différentes forces de gauche, le député Philippe Brun (Socialistes) a présenté son programme économique. "La production est à la base de tout. On peut faire tous les grands discours sur l'immigration, sur l'insécurité, sur la laïcité. Rien de cela ne permettra de régler le problème substantiel qui se pose aujourd'hui", et c'est pour cela qu'"une révolution productive" visant à "redonner du pouvoir d'achat" aux Français est nécessaire, a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse à Paris. Le but assumé est de recréer cinq usines par département sur la durée du mandat.
Le vice-président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, spécialiste des questions budgétaires, voit l'enjeu de l'électricité comme la première priorité de ce programme. "Nous voulons faire d'EDF l'Aramco français," a-t-il dit, en référence au fleuron de l'économie saoudienne qui figure parmi les entreprises les plus valorisées au monde. Pour cela, Philippe Brun propose "le retour au monopole public d'EDF" pour "avoir l'électricité décarbonée la moins chère d'Europe tout en garantissant à nos entreprises des contrats de long terme".
Dans le même sillage, il souhaite la création d'une "compagnie nationale des mines de France pour renforcer l'exploitation minière".
"Nous voulons être les meilleurs dans l'évolution numérique, les meilleurs dans les composants", a-t-il appuyé devant la presse. Pour y parvenir, Philippe Brun propose "un investissement massif à hauteur de 1,5% du PIB pour investir dans l'intelligence artificielle, et créer un laboratoire de 1.700 chercheurs" afin de s'adapter à la "révolution de la souveraineté". Autre mesure phare, appelée "le salaire Brun" : la volonté de faire baisser la part de la CSG sur les salaires de moins de 4.000 euros par mois pour augmenter les salaires nets.
Côté financements, le socialiste veut le retour de l'impôt sur la fortune (ISF), et une "mise à contribution" des 1.000 milliards de "la grande transmission" des successions dans les années à venir.
Sur la question des retraites, le député estime qu'il n'est pas possible de "continuer avec un système éternellement par répartition". "Il n'y a pas aujourd'hui assez d'actifs par retraités, donc ça ne marchera pas. On peut le souhaiter, mais malheureusement on va devoir passer à un système mixte avec beaucoup de capitalisation", explique Philippe Brun, qui défend ne formule différente de celle portée par la droite ou l'extrême droite.
"Je propose une capitalisation publique et souveraine avec un fonds géré par les syndicats et une mise en réserve de 15 milliards d'euros par an pour financer ce fonds et investir dans la transition écologique, dans l'intelligence artificielle, dans la souveraineté industrielle française. Ce sera bon pour nos retraites (…) et ce sera bon pour notre économie", assure l'élu de l'Eure.
(avec AFP)