Primaire de gauche: Glucksmann et Faure s'affrontent sur fond d'attitude à adopter à l'égard des insoumis

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Raphael Glucksmann et Olivier Faure
Raphaël Glucksmann et Olivier Faure - Illustration.
par Soizic BONVARLET, le Jeudi 17 septembre 2026 à 15:10, mis à jour le Jeudi 17 septembre 2026 à 15:26

Alors que Raphaël Glucksmann a répété que La France insoumise n'aurait pas sa place dans son gouvernement en cas de victoire à l'élection présidentielle, Olivier Faure a estimé nécessaire de rassembler "toute la gauche" pour gagner, sans pour autant parler d'un accord avec le parti de Jean-Luc Mélenchon. Revenant sur ses choix à la tête du Parti socialiste, il a accusé son rival de Place publique de "cracher dans la soupe". 

"Il n’y aura pas de place pour LFI dans mon gouvernement". Si le doute était peu permis, le candidat à la primaire sociale-démocrate, Raphaël Glucksmann, a une nouvelle fois, dans un entretien publié par L'Opinion mercredi 16 septembre au soir, tracé une barrière infranchissable entre sa gauche et celle incarnée par les insoumis.

Par ses propos, celui qui, le 21 juillet dernier, disait vouloir "refonder la gauche démocratique en assumant la confrontation avec Jean-Luc Mélenchon et ses sbires", fait montre d'opposer un "cap clair" à l'attitude du premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, qui n'a pas hésité à lui répondre. 

Faure accuse Glucksmann de "cracher dans la soupe"

Également candidat à la primaire de l'espace social-démocrate, Olivier Faure n'avait pas souhaité répondre, sur le plateau de BFMTV le 13 septembre dernier, à la question portant sur la présence d'éventuels ministres insoumis dans un gouvernement qu'il dirigerait. "Je ne comprends pas très bien la question. On n'en est pas là", avait-il déclaré, tout en disant vouloir rassembler "toute la gauche".

Pour Raphaël Glucksmann, l'angle d'attaque était tout trouvé, Olivier Faure ayant été à maintes reprises critiqué pour ce que certains considéraient être des tergiversations. Alors que c'est sous sa direction que le PS a fait alliance, en 2022 et 2024, avec LFI dans le cadre de la Nupes puis du NFP, qui rassemblaient aussi Les Écologistes et le Parti communiste, les rapports s'étaient dégradés, à la suite des attentats terroristes du 7-octobre et des réactions venues des rangs insoumis, puis de l'accord de non-censure conclu l'année dernière entre les socialistes et le gouvernement sur le budget.   

"Je n’ai pas souvenir que quiconque ait refusé le mandat qui lui avait été donné par le NFP", a répondu Olivier Faure à Raphaël Glucksmann ce jeudi 17 septembre sur FranceInfo. Référence au fait qu'en 2024, à la suite de la dissolution de l'Assemblée nationale, une personnalité telle qu'Aurélien Rousseau, membre de Place publique, avait été élu député sous la bannière de la coalition de gauche, bénéficiant du rassemblement de cette dernière derrière sa candidature. 

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Justement interrogé sur les prochaines élections législatives et l'hypothèse d'une nouvelle alliance en particulier avec La France insoumise, Olivier Faure a évoqué des "polémiques (...) assez minables". Il a aussi estimé que "la réalité c'est que si aujourd'hui il y a une primaire du Parti socialiste, c'est parce qu'il y a encore un Parti socialiste". Et d'ajouter : "S'il y a encore un Parti socialiste, on le doit aux décisions que j'ai prises pendant les huit dernières années, y compris de choisir à deux reprises Raphaël Glucksmann pour les élections européennes (...) C’est bien de venir boire la soupe ; c’est mieux de ne pas cracher dedans après". 

Au-delà des accords d'appareils, Olivier Faure a souligné ce matin que pour pouvoir mettre en place un programme de gauche, "il faut l'asseoir sur une majorité", faisant valoir les convergences à l'Assemblée nationale entre les votes des socialistes, des insoumis, des écologistes et des communistes. Une façon d'incarner une volonté de rassemblement à l'attention des électeurs de gauche, sans qu'il s'agisse selon lui de faire alliance pour la présidentielle avec Jean-Luc Mélenchon, ni de gouverner avec LFI, naviguant ainsi sur une ligne de crête. Olivier Faure juge notamment "inexcusables (...) les dérapages successifs", pointant "la responsabilité personnelle" du leader insoumis.

Le député Aurélien Rousseau (Place publique) apparenté au groupe Socialistes à l'Assemblée nationale, n'a en outre pas tardé à répondre sur X à Olivier Faure. "'La soupe' ??? En 2024 nous étions à quelques jours de la possible victoire du RN. Personne n’est allé à la soupe. Ni au PS, ni à Place Publique", a écrit le député. "On a monté une digue, avec des engagements, que LFI a bien vite déchirés. Et de cela, il faut tirer fermement les conséquences", ajoute-il en soutien de la ligne édictée par son candidat Raphaël Glucksmann.