"Séisme", "catastrophe", "signal d’alarme": les réactions françaises après la victoire de l’AfD en Allemagne

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Ulrich Siegmund, leader de l'AfD en Saxe-Anhalt, en Allemagne, et vainqueur du scrutin régional (par RONNY HARTMANN / AFP)
Ulrich Siegmund, leader de l'AfD en Saxe-Anhalt, en Allemagne, et vainqueur du scrutin régional (par RONNY HARTMANN / AFP)
par Ivan Valerio, le Lundi 7 septembre 2026 à 06:50

Avec près de 44 % des voix, l’AfD a remporté dimanche une victoire historique en Saxe-Anhalt, loin devant la CDU du chancelier Friedrich Merz. En France, ce résultat allemand a suscité de nombreuses réactions, de Gabriel Attal à Manuel Bompard, sur les causes et les conséquences de cette poussée de l’extrême droite.

L’extrême droite allemande a revendiqué dimanche une victoire électorale historique en Saxe-Anhalt. Avec près de 44 % des voix, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) devance très largement les conservateurs de la CDU, crédités de 17,5 %, et inflige un sérieux revers au chancelier Friedrich Merz.

La formation anti-immigration, russophile et pro-Trump, devenue en 2025 le premier parti d’opposition au niveau national, réalise un score inédit pour l'extrême droite allemande dans un scrutin similaire depuis la Seconde guerre mondiale. 

En France, le résultat a immédiatement fait réagir la classe politique. Le ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, évoque "un moment grave en Europe". S’il appelle à "entendre avec humilité les colères, les inquiétudes, les peurs", il estime que "le nationalisme et la xénophobie ne seront jamais une solution".

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Gabriel Attal y voit un "signal d’alarme". Pour l’ancien Premier ministre, le scrutin montre notamment les limites d’une stratégie reposant uniquement sur le "barrage à l’extrême droite". Celui qui est aussi candidat à l'élection présidentielle appelle à lui opposer "une vision" et des propositions capables de tracer "un chemin d’espoir".

"Pro-Trump, pro-Poutine, anti-étrangers"

À gauche, plusieurs responsables insistent sur les divisions françaises et n'hésitent pas à faire des parallèles avec la situation dans notre pays. Alexis Corbière, député de Seine-Saint-Denis, juge que "la division du NFP" constitue "une faute historique", tandis que Clémentine Autain appelle la gauche à se mettre "en ordre de bataille" et à agir "rassemblés". Le socialiste Guillaume Garot dénonce, lui, la progression d’une extrême droite "pro-Trump, pro-Poutine, anti-étrangers". 

Clémence Guetté, élue LFI du Val-de-Marne, met directement en cause les partis de gouvernement allemands, accusés d’avoir accompagné "l’appauvrissement et la désindustrialisation", et appelle à une alternative "anticapitaliste, écologiste, anti-raciste". Ses collègues Manuel Bompard et Aurélien Taché établissent enfin un parallèle avec l’extrême droite française, le premier visant Marion Maréchal, le second mettant en garde contre le risque d’une alliance européenne entre le RN et les forces les plus radicales en Allemagne.

Si le RN n'a pas réagi officiellement à ce stade après l'annonce des résultats, le dirigeant du parti d'extrême droite Reconquête, Eric Zemmour, a lui parlé "d'heure de vérité". "Les vrais responsables sont ceux qui, un demi-siècle durant, ont traité comme un délit ce que les peuples éprouvaient comme une évidence: le désir de demeurer soi-même", a-t-il assuré.