Interpellée ce mercredi 10 juin, lors d'une audition devant la commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée nationale, la ministre des Sports, Marina Ferrari, a assumé avec le sourire avoir offert aux joueurs de l'équipe de France des pierres censées leur porter bonheur pour la Coupe du monde de football.
"C'était un petit geste d'amitié pour leur porter chance." Ce mercredi, la ministre des Sports Marina Ferrari, est revenue devant les députés sur sa décision d'offrir aux joueurs de l'équipe de France de football des pierres "porte-bonheur" avant leur départ pour la Coupe du monde aux États-Unis. Le premier match des Bleus aura lieu mardi prochain, le 16 juin, contre le Sénégal.
Selon le Canard enchaîné, la ministre, qui a déjeuné avec les joueurs le 2 juin au centre d'entraînement de Clairefontaine, a choisi d'offrir à Kylian Mbappé et ses coéquipiers des "pierres aux prétendues vertus porte-bonheur et thérapeutiques" à placer dans leurs chaussettes, ce qui n'a pas manqué, selon l'hebdomadaire, de les laisser "perplexes" et de "méduser" Emmanuel Macron.
"J'ai voulu faire un cadeau à titre personnel à nos Bleus, c'est pas du grigri, j'ai voulu leur offrir un petit porte-bonheur, n'en déplaise à certains, que j'ai payé bien évidemment sur mes deniers personnels", a réagi Marina Ferrari, devant les membres de la commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée nationale. "C'était une initiative personnelle", a-t-elle souligné.
Alors qu'elle était auditionnée sur ses dossiers, la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, a été interpellée sur cette question par le député Rassemblement national Julien Odoul. "Puisque la mode est aux grigris et autres amulettes, je tiens à vous offrir les miens, je les ai ramassés dans le jardin de l'Assemblée nationale, ils ont de la valeur puisque c'est là où le pouvoir ne vient pas de la magie des cailloux mais de la souveraineté du peuple", a lancé l'élu de l'Yonne.
Au-delà de l'ironie, Julien Odoul a profité de ce moment pour porter un message plus politique. Le député a nommé le premier caillou "gardien de la laïcité" : "Il éloigne les prières dans les vestiaires, les refus de mixité, les signes religieux ostensibles." Le second caillou, a ajouté l'élu, "a le pouvoir de renforcer la République pour constituer une muraille contre l'entrisme islamiste qui a fait du sport un objet de conquête".
Et Julien Odoul a demandé à la ministre des Sports si le gouvernement allait "inscrire à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale la proposition de loi, votée par le Sénat en février en 2025, visant à assurer le principe de laïcité dans le sport et à interdire le voile islamique dans toutes les compétitions".
"Il ne vous aura pas échappé qu'il y a un embouteillage législatif à l'Assemblée avec des textes importants qui sont en cours de lecture", a répondu Marina Ferrari, dénonçant le ton "ironique et décalé" utilisé par l'élu RN. Et la ministre de suggérer à Julien Odoul d'inscrire lui-même la proposition de loi dans la "niche parlementaire" de son groupe, qui aura lieu après l'été. Lors de chaque session parlementaire, les groupes politiques disposent d'une journée au cours de laquelle ils peuvent inscrire les textes de leur choix à l'ordre du jour de l'hémicycle.