Yvette Roudy avait fait du droit des femmes son principal combat. Militante féministe, elle est à l'origine de la loi sur le remboursement de l'IVG et de celle sur l'égalité hommes-femmes en entreprise. Elle est morte mardi 18 août à 97 ans.
L'annonce a été faite par "l'Assemblée des femmes", l'association féministe créée par Yvette Roudy en 1992, sur X. L'ancienne ministre aux Droits de la femme de François Mitterrand est morte ce mardi 18 août à l'âge de 97 ans. "Elle fut une très grande femme politique et notre amie. Le remboursement de l’IVG, la parité, l’égalité pro c’est elle", peut-on lire sur le réseau social.
L'actuelle présidente de l'association, la sénatrice socialiste Laurence Rossignol, lui rend également hommage : "Yvette Roudy n’est plus. Mais il reste tant d’elle. (…) Socialiste, féministe, universaliste, Yvette Roudy a été une pionnière."
Elle est décédée à Cabestany (Pyrénées-orientales), dans la résidence médicalisée où elle résidait depuis trois ans, a indiqué son neveu Jean-Pierre Saldou à l'AFP.
La nouvelle de ce décès a fait réagir dans son camp politique, notamment l'ancien président François Hollande. Celui qui ne cache plus se préparer pour 2027 salue les combats d'Yvette Roudy, "féministe, socialiste, femme de convictions et de combats", qui "n'a jamais cessé de défendre ses idées". "Je salue sa mémoire et adresse mes pensées à sa famille et à ses proches", écrit l'ex-chef de l'État. "Elle a contribué à changer durablement la vie des femmes", réagit de son côté le Parti socialiste.
"Tristesse et respect", écrit aussi le président du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner ; quand l'ancien député et actuel maire d'Alfortville (Val-de-Marne), Luc Carvounas, remercie Yvette Roudy "d'avoir tracé le chemin de l'égalité femmes hommes". "Yvette Roudy, ce fut une vie entière d'engagement au service de la justice sociale, pour que le masculin cesse de l'emporter sur le féminin. (…) Son combat n'appartient pas au passé. Il nous oblige", a aussi réagi le maire de Montpellier, Michaël Delafosse.
"C’est avec une immense tristesse que nous apprenons le décès de notre Soeur, Yvette Roudy", a réagi dans un communiqué la Grande loge féministe de France, dont elle était membre. "En tant que ministre, Yvette s’employa sans relâche à faire évoluer les lois et les mentalités, en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes, dans la perspective féministe universaliste qui aura toujours guidé son engagement", poursuit la loge maçonnique.
Née en 1929, Yvette Roudy avait rejoint le mouvement féministe dans les années 1960 et apporté son soutien à François Mitterrand dès la campagne présidentielle de 1965. Militante au Mouvement démocratique féminin (MDF), elle avait adhéré au Parti socialiste en 1971, avant d'exercer plusieurs mandats : députée européenne (1979-1981), ministre des Droits de la femme (1981-1986), députée du Calvados (entre 1986 et 2002), puis maire de Lisieux (1989-2001).
Si Françoise Giroud avait auparavant été secrétaire d'État à la Condition féminine sous Valéry Giscard d'Estaing, à partir de 1974, Yvette Roudy a été la première titulaire d'un véritable "ministère des Droits de la femme" sous François Mitterrand.
Deux lois portent son nom. En décembre 1982, alors qu'elle est ministre des Droits de la femme, Yvette Roudy fait adopter la loi "relative à la couverture des frais afférents" à l'interruption volontaire de grossesse (IVG). L'année suivante, le 13 juillet 1983, ce sera au tour de la loi sur "l'égalité de l'homme et de la femme qui travaillent en entreprise" d'être votée.
Yvette Roudy est également à l'origine, en 1982, de la reconnaissance officielle par la France du 8 mars comme journée internationale des droits des femmes, sous l'impulsion du Mouvement de libération des femmes (MLF).