La réception à Matignon de jeunes influenceurs spécialistes de l'éducation, lundi matin, quelques heures avant la venue des organisations lycéennes et étudiantes, est dénoncée par ces dernières, qui y voient une forme de "mépris".
Il s'agit, selon les organisations lycéennes et étudiantes, d'une forme de "mépris" des revendications lycéennes. Ce lundi après-midi, plusieurs représentants de la jeunesse mobilisée sont reçus à Matignon, pour rencontrer le Premier ministre Sébastien Lecornu. Dans la foulée, les ministres de l'Education nationale, Edouard Geffray et de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, donneront une conférence de presse pour communiquer sur les premières mesures du gouvernement pour calmer la colère lycéenne.
Seulement, plusieurs de ces mesures ont déjà été dévoilées à la presse, par des influenceurs qui étaient eux aussi reçus par le Premier ministre, mais dès ce lundi matin, c'est-à-dire avant les organisations lycéennes et étudiantes. Remplacement de Parcoursup, 15 000 places créées dans l'enseignement supérieur, plafond de 28 élèves dans les classes de seconde, plan de 1 milliard pour rénover les universités, bourses indexées sur l'inflation : ces dispositions ont été annoncées à la mi-journée au micro de BFMTV par l'influenceuse Mathilde Fouqué.
"Je n'ai rien de personnel contre ces influenceuses, qui au demeurant font un très bon travail, mais ça montre quelque part l'impréparation du gouvernement, on a l'impression d'un mépris des organisations lycéennes", a réagi Louis Letoublon, le vice-président de l'organisation Les Lycéens !, interrogé par BFMTV quelques minutes avant d'entrer à Matignon. "Les mesures sont déjà annoncées et on n'a pas pu encore leur parler", a-t-il ajouté, regrettant de ne pouvoir "rentrer en négociation avec un gouvernement qui depuis un mois nous balade".
"C'est quand même scandaleux que les organisations syndicales, qui représentent les étudiants et qui sont mobilisées depuis quatre semaines soient reçues après, cela témoigne d'un certain mépris du gouvernement", a également dénoncé la secrétaire générale de l'Unef Manon Moret, qui estime que cela prouve que le gouvernement "n'a toujours rien compris à ce qui se passe dans ce pays".
La décision du gouvernement de recevoir séparément les organisations lycéennes et étudiantes est également analysée comme une volonté de "diviser" le mouvement : "Nous, on est tous unis et on voit très bien leur petit jeu de vouloir nous diviser, d'abord de voir les lycéens, les étudiants, les influenceurs, je-ne-sais-quoi", a réagi la porte-parole de l'Union étudiante, Sabrine Kharbach. "Ils auront le même son de cloche, à savoir 10 milliards, 10 mesures", a-t-elle ajouté.
L'Union étudiante, La Fage, l'Unef et l'Union syndicale lycéenne (USL) demandent en effet la mise en oeuvre de 10 mesures, dont un plan d'urgence pour rénover les établissements, des embauches "massives de personnels éducatifs, de santé, d'accompagnement et d'orientation", mais aussi la "fin de la sélection via Parcoursup" et la revalorisation des bourses, pour un montant total de 10 milliards d'euros.
Les premières mesures avancées par le gouvernement ne satisfont donc pas les organisations lycéennes et étudiantes : la création de 15 000 places à l'université est "à la limite de la moquerie", a déploré Louis Letoublon, le vice-président de l'organisation Les Lycéens !, au micro de BFMTV.
"C'est une annonce qui est complètement à côté de la plaque, qui alimente aussi la colère de la jeunesse sur le fait qu'elle ne reçoit que du mépris de la part du gouvernement", a aussi réagi la secrétaire générale de l'Unef Manon Moret. Les organisations lycéennes et étudiantes annoncent d'ores et déjà qu'elles seront mobilisées ce samedi 31 octobre mais aussi le jeudi 5 novembre, lors de la journée de grève à l'appel des organisations syndicales.