Un homme jeté à terre à Carcassonne par la police: la gauche dénonce des images "révoltantes"

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Capture d'écran de X
Capture d'écran de X
par Maxence Kagni, le Mardi 15 septembre 2026 à 09:13

La publication d'une vidéo montrant un policier jetant violemment à terre un homme de 29 ans provoque l'indignation à gauche. Le jeune homme est décédé 13 jours après les faits, sans lien avéré avec l’agression dont il a été victime. Alors que l'IGPN a été saisie, plusieurs députés demandent une réforme profonde de la police.

Des images "ignobles", "révoltantes" : plusieurs personnalités politiques de gauche partagent leur indignation sur les réseaux sociaux après la publication d'images montrant un homme jeté à terre par un agent de police national à Carcassonne. Cette diffusion survient quelques jours après la publication d'un autre enregistrement dévoilant les propos racistes tenus par des agents municipaux de la ville.

Les faits se sont déroulés le jour de la fête de la musique, le 21 juin. La vidéo montre un fonctionnaire de police nationale, accompagné de policiers municipaux, qui saisit un homme de 29 ans par derrière avant de le jeter violemment au sol. Les policiers intervenaient en raison de "nuisances sonores réitérées".

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Le jeune homme, dont la tête a heurté le sol avec force, se tient le crâne avant d'être relevé par les policiers, sous les invectives de témoins choqués. Le policier municipal de Carcassonne mis en cause après la diffusion de propos racistes et sexistes figure sur la vidéo, c'est notamment lui qui relève la victime après le choc.

L'IGPN a été saisie par le parquet de Carcassonne, dans le cadre "d'une enquête judiciaire du chef de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique". L'homme de 29 ans - SDF selon le parquet, ce que nie sa famille - est mort le 3 juillet sans qu'"à ce jour, en l’état des investigations, il n’existe (...) aucun lien de causalité entre les faits filmés et le décès survenu 13 jours après", précise le parquet, qui ajoute que les recherches effectués "privilégient la cause toxique au regard (des) antécédents connus de polytoxicomanie" du jeune homme.

"La police républicaine doit être réformée"

"Les images qui circulent sont révoltantes", a réagi lundi la secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, sur X. "Nous savons qu’il existe des violences systémiques dans la police", a écrit la candidate à l'élection présidentielle, qui souhaite "que toute la lumière soit faite" sur les faits. Le Parti socialiste, lui aussi, estime que "toute la lumière doit être faite sur ce drame". Le parti à la rose a publié un message sur ses réseaux sociaux, rendant hommage à Youssef, l'homme jeté à terre, dénonçant un "acte de violence policière indigne".

Ceux qui protègent la paix ne peuvent pas agresser les citoyens. Le Parti socialiste, sur X

Le député Alexis Corbière (Ecologiste et Social) juge pour sa part que "des changements radicaux doivent avoir lieu dans la police". De nombreux élus insoumis se sont également exprimés : "Une enquête judiciaire doit permettre d’établir précisément les circonstances de cette intervention, les causes de sa mort et les éventuelles responsabilités", a par exemple estimé l'eurodéputée Manon Aubry

"Pour être respectée, la police doit être respectable", écrit aussi la députée Clémence Guetté, qui estime que "la police républicaine doit être réformée de la cave au grenier". "Voyez les conséquences de la victoire du RN : agents ouvertement racistes, sexistes, homophobes et menaçants, libération de la violence partout, persécution des syndicats et des associations", ajoute l'élue.

Quatre agents municipaux suspendus

Une mise en cause à laquelle a répondu sur X le député Rassemblement national Thomas Ménagé : "Quel rapport avec le RN ?", demande l'élu, qui rappelle que "l’agent mis en cause est bien un agent de la police 'NATIONALE'" et donc "sous l’autorité du Préfet et du ministre de l’Intérieur".

Une défense qui rejoint celle de la mairie de Carcassonne : interrogé par l'AFP, l'adjoint au maire Florent Ghisi a indiqué ne pas souhaiter commenter "cette vidéo qui concerne un policier national et non municipal". "De plus, c'est une vidéo coupée, et le policier défendait sa collègue qui était attaquée par une personne qui aurait été sous l'emprise de la drogue", a-t-il précisé.

La semaine dernière, le parquet de Carcassonne a annoncé la suspension de quatre policiers municipaux de la ville après la diffusion de la vidéo les mettant en cause pour des propos racistes ou sexistes tels que "bicots", "bougnoules", "nègres" ou "connasses". Le RN a exclu l'agent qui était membre de son service d'ordre tandis que le maire RN Christophe Barthès a condamné ces propos "à vomir et inexcusables".