Budget 2027: les deux options du gouvernement pour faire contribuer les retraités

Actualité
Image
Bercy
Ministère de l’Économie et des Finances, Illustration - AFP
par Raphaël Marchal, le Lundi 14 septembre 2026 à 14:11

À la recherche de 30 milliards d'euros d'économies dans le cadre de la préparation du budget 2027, le gouvernement envisage de mettre à contribution les retraités, dans un cadre qui reste encore à déterminer.

Faire contribuer les retraités, "ce n'est pas une bonne idée, mais ça peut être une nécessité", a reconnu ce dimanche le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, sur Europe 1/CNews. Confronté à des comptes publics dans le rouge, le gouvernement cherche à dégager environ 30 milliards d'euros d'économies en 2027, et envisage de mettre à contribution les retraités, comme l'ont confié plusieurs ministres au cours des derniers jours.

Conscient de la sensibilité de la mesure, l'exécutif marche sur des œufs et n'a pas à ce stade déterminé la forme exacte de la participation des retraités, ni le périmètre qu'elle impliquerait. Signe du caractère potentiellement inflammable de la réforme, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a d'ailleurs demandé aux ministres du Budget, du Travail et des Relations avec le Parlement de consulter les groupes politiques au Parlement à ce sujet, selon une information du Figaro.

Un choix entre indexation ou abattement

Vendredi, le ministre du Budget, David Amiel, a fait savoir que le gouvernement devrait choisir entre la désindexation des pensions sur l'inflation et la suppression de l'abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités. L'indexation de l'ensemble des retraites sur l'inflation coûterait "plus de 6 milliards d'euros l'an prochain", a-t-il souligné sur Sud Radio. "De ces 6 milliards, on n'a pas aujourd'hui le premier euro."

Selon le ministre, une solution intermédiaire pourrait être trouvée, en indexant uniquement les plus petites pensions sur l'inflation. Mais elle impliquerait de baisser très fortement l'abattement fiscal en contrepartie. Il est impossible de maintenir les deux dispositifs sans faire "exploser le déficit", a martelé David Amiel. Actuellement, l'ensemble des retraités diminuent de 10 % leurs revenus déclarés, dans la limite de 4 439 euros, un dispositif qui coûte également 6 milliards d'euros aux finances publiques chaque année.

Confiant son aversion pour la désindexation, Jean-Pierre Farandou a proposé que la revalorisation des retraites fasse l'objet d'une négociation annuelle avec les partenaires sociaux. "Les retraités ne porteront pas l'effort central de ce budget", "aucun retraité ne verra évidemment sa pension diminuer" et les retraités les plus modestes seront "évidemment principalement préservés", a pour sa part précisé ce dimanche la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, sur BFMTV. La répartition de l'effort sera débattue à l'Assemblée nationale, a-t-elle ajouté. L'année dernière, le gouvernement avait déjà tenté de supprimer l'abattement de 10 % dont bénéficient les retraités, mais les députés avaient choisi de le rétablir en commission.