Si le communiste Fabien Roussel appelle directement à occuper les ronds-points, d'autres écuries présidentielles restent prudentes, expliquant "comprendre" les appels à mobilisation tout en appelant à modifier la donne dans les urnes, en 2027.
Inflation, hausse des prix des carburants... Le mouvement des gilets jaunes va-t-il renaître de ses cendres, alors que plusieurs appels à mobilisation fleurissent sur les réseaux sociaux, le renseignement territorial invitant à une "vigilance particulière" ? "Il y a un certain nombre d'appels qui circulent sur les réseaux sociaux, d'appels à des manifestations de voie publique", a expliqué ce dimanche sur France 2 le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez, qui a ajouté que le gouvernement allait rester "vigilant".
"C'est exactement le même contexte [que celui des gilets jaunes en 2018], c'est un contexte où beaucoup de Français souffrent", a affirmé ce dimanche l'ancien ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, sur RTL. La rentrée sociale s'annonce chargée, avec des manifestations ce 15 septembre des policiers mais aussi des énergéticiens, une grève dans la fonction publique lancée par l'intersyndicale le 29 septembre ainsi que des appels à mobilisation le 17 octobre sur les réseaux sociaux.
Des rendez-vous sur lesquels tente de surfer le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel. Ce samedi, lors de son meeting à la Fête de l'Humanité, le patron du PCF a évoqué les leçons du mouvement des gilets jaunes de 2018 et demandé à ses soutiens de se mobiliser à nouveau : "Je vous propose d'envahir les ronds-points, de nous rassembler devant les sous-préfectures, devant le siège de Total, devant les lieux de pouvoir, il faut les occuper maintenant", a-t-il lancé.
S'exprimant lui aussi depuis la Fête de l'Huma ce samedi, Jean-Luc Mélenchon a pour sa part appelé les Français à "inverser" les rapports de force : "Vous allez le faire avec des bulletins de vote autant que par l'action", a lancé le leader Insoumis. Interrogé dimanche sur Franceinfo, le coordinateur national de LFI Manuel Bompard a expliqué "comprendre" et "soutenir" les appels à mobilisation face à un "gouvernement qui ne fait rien" pour lutter contre l'inflation. "Si ces mobilisations deviennent des mobilisations populaires, les insoumis seront en soutien, seront présents dans la mobilisation", a-t-il précisé.
Estimant ne pas être "celui qui conduit le mouvement social", le premier secrétaire du PS Olivier Faure n'invite pas non plus directement les Français à retourner sur les ronds-points. Le candidat à la primaire socialiste, invité dimanche de BFMTV, se dit néanmoins prêt à soutenir un éventuel retour des gilets jaunes : "Si les Français se soulèvent, je le dis aussi, je le comprendrai parfaitement et je serai à leurs côtés parce qu'il n'est plus possible d'avoir des gens qui travaillent, mais qui ne sont pas rémunérés à la hauteur de ce qu'ils font."
Le Rassemblement national n'appelle pas à manifester : "On n'est pas un syndicat, les gens feront ce qu'ils voudront, nous on dit simplement aux gens qui ont envie de manifester leur mécontentement qu'on les comprend, qu'on a des solutions", a expliqué ce lundi sur RTL le vice-président RN de l'Assemblée nationale, Sébastien Chenu. Comme d'autres, le Rassemblement national espère surtout mobiliser son électorat, à sept mois du premier tour de l'élection présidentielle : "Tenez bon encore huit mois et nous allons changer le cours des choses", a déclaré le député du Nord.