"Nous n'avons plus de gras": Roland Lescure évoque "la nécessité impérieuse" d'adopter un budget "le plus tôt possible"

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Roland Lescure LCP 27/10/2025
Le ministre de l'Economie, Roland Lescure, à l'Assemblée nationale, le 27 octobre 2025 (© LCP)
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Vendredi 11 septembre 2026 à 13:20, mis à jour le Vendredi 11 septembre 2026 à 13:30

Les prévisions économiques actualisées, présentées par le gouvernement ce vendredi 11 septembre, et les faibles marges de manœuvre budgétaires qui en découlent, démontrent "la nécessité impérieuse d'adopter un budget le plus tôt possible pour 2027, avant la fin de l'année je l'espère", a déclaré le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure. 

Pour le gouvernement, c'est "l'acte 1 de la séquence budgétaire". Le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, a présenté ce vendredi 11 septembre, lors d'une conférence de presse à Bercy, une révision de la croissance prévue pour l'année 2026 (à 0,5% contre 1% initialement), ainsi que la prévision actuelle pour 2027 : "Nous tablons sur un rebond de la croissance qui l'amènerait à 1%." Ces annonces visent à "poser le cadre macro-économique dans lequel va se dérouler l'examen budgétaire", a développé Roland Lescure, ajoutant que ces prévisions sont "entourées de fortes incertitudes". 

La cible initiale d'un déficit de 5% en 2026, prévue par le gouvernement, "n'est plus une option", a en outre reconnu le ministre ce vendredi. "La France aura un déficit supérieur à 5% en 2026", a-t-il averti. 

Le gouvernement veut "faire preuve de transparence"

Roland Lescure avait aussi des messages à faire passer, parmi lesquels "la nécessité impérieuse d'adopter un budget le plus tôt possible pour 2027, avant la fin de l'année", car la France est "dans un cadre budgétaire contraint". "Nous n'avons plus de gras", a prévenu le ministre, en précisant que le projet de loi de finances à venir "nécessitera un effort partagé", qui "devra protéger nos moteurs de croissance". D'où la lettre du Premier ministre, Sébastien Lecornu, aux entrepreneurs cette semaine. 

Le budget qui sera déposé par le gouvernement "ne touchera pas au crédit d'impôt recherche, pas au pacte Dutreil, préservera l'apprentissage et visera une baisse de l'impôt sur les sociétés", a répété Roland Lescure, sans dévoiler de nouvelles mesures, car l'exécutif est "dans les arbitrages définitifs du budget". Ce dernier doit être présenté à la fin du mois de septembre, avant son examen à partir d'octobre au Parlement. "Nous faisons l'hypothèse – dont j'ai conscience parfois qu'elle peut être volontariste – de l'adoption d'un budget. Nous espérons que ce sera le cas", a indiqué le ministre.

Interrogé pour savoir si ses propos du jour étaient une manière de préparer les Français à un budget difficile, Roland Lescure a déclaré : "On a voulu faire preuve de transparence. Les Français savent que la situation budgétaire est très difficile et qu'il va falloir faire des efforts." 

"La France n'est pas humiliée"

Plus tôt dans la matinée, le communiste Fabien Roussel, candidat à l'élection présidentielle, avait évoqué sur France 2 la situation d'une "France déclassée" et des Français "humiliés, trahis par des élites malhonnêtes et corrompues". "La France n'est pas humiliée", a répondu le ministre de Bercy lors de sa conférence de presse. "Elle fait face à des défis, (...) mais elle a une voix qui porte, et aussi des atouts qui sont reconnus par ses pairs", a-t-il ajouté, affirmant s'attendre à "des mots excessifs" dans la campagne pour l'Élysée. Quant à la proposition sur la dette de Jean-Luc Mélenchon, il "continuera à lui répondre que ce n'est pas responsable" et "une très, très, très mauvaise idée".

Dans la foulée des annonces de Roland Lescure, le député Éric Coquerel (La France insoumise), a fustigé sur X la politique du gouvernement qui "empêche de nous protéger et amplifie les crises". "Le budget prévu (...) et le refus obstiné de rechercher des recettes du côté des gagnants du macronisme (ultra riches et très grandes entreprises) constitue une faute majeure qui nous conduira vers une récession historique", estime le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale.