Propos racistes d'un policier municipal à Carcassonne: les nouveaux maires RN peuvent-ils devenir encombrants pour Marine Le Pen?

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Marine Le Pen, en septembre 2025, avec Jordan Bardella à l'Hôtel de Matignon. (Crédit : Bertrand GUAY / AFP)
Marine Le Pen, en septembre 2025, avec Jordan Bardella à l'Hôtel de Matignon. (Crédit : Bertrand GUAY / AFP)
par Raphaël Marchal, le Jeudi 10 septembre 2026 à 16:20

Les propos racistes d’un policier municipal de Carcassonne, enregistrés par sa propre caméra-piéton, ont suscité une politique nationale et l'embarras du Rassemblement national, l'agent étant également membre du service de sécurité du RN. Les nouveaux maires du parti peuvent-ils devenir un problème pour Marine La Pen, candidate à l'élection présidentielle ?

Un scandale national et un embarras palpable dans les rangs du Rassemblement national. Ce mardi, Midi libre a dévoilé une vidéo datant de 2025 dans laquelle un policier municipal de Carcassonne, en patrouille avec trois de ses collègues, tient des propos racistes, complotistes et sexistes.

Une déflagration pour le RN, l'agent étant également membre du service d’ordre du RN et proche du nouveau maire d'extrême droite de la ville, Christophe Barthès, selon le quotidien régional. Dénoncés par l'ensemble de la classe politique, ces faits viennent fragiliser l'édifice de notabilisation construit par le RN au cours des dernières années, et ravivent le spectre de l'existence de "brebis galeuses" dans les rangs du parti dirigé par Jordan Bardella.

Le RN a immédiatement exclu l'agent incriminé de ses rangs, condamnant "avec la plus grande fermeté" des propos "pénalement répréhensibles". Élu en mars dernier à la mairie de Carcassonne - après la date d'enregistrement de la vidéo -, Christophe Barthès a dénoncé des propos "à vomir" lors d'une conférence de presse organisée ce mercredi, après le dévoilement de l'affaire. La vidéo du policier municipal, captée par sa propre caméra-piéton, avait circulé en interne, et une enquête administrative avait été ouverte. Mais les conclusions de cette enquête, rendues en mai, n'avaient pas permis "d'établir avec certitude l'identité des auteurs de chacun des propos enregistrés", a assuré le maire.

Un "cas isolé" pour le RN

Le maire de Perpignan, Louis Aliot, a réfuté ce jeudi que le RN puisse attirer davantage les personnes racistes que d'autres partis. "C'est un cas isolé", a assuré le vice-président du RN sur Franceinfo, assurant que cette affaire locale ne risquait pas d'entacher la campagne de Marine Le Pen, la candidate du parti pour la présidentielle de 2027.

Reste que le sujet est régulièrement une épine dans le pied du parti, qui assure toujours qu'il s'agit de cas individuels. En 2024, lors des dernières élections législatives organisées après la dissolution de l'Assemblée nationale, le RN avait dû retirer dans l'urgence son soutien à plusieurs de ses candidats, épinglés pour des propos ou des comportements problématiques. Rebelote en 2026 lors des dernières élections municipales, où le parti a été contraint de retirer l’investiture à plusieurs de ses têtes de listes, à Carpentras, Dunkerque ou Belfort.

Des nouveaux maires actifs

À l'issue de ce dernier scrutin, le Rassemblement national a revendiqué 57 villes de plus de 3 500 habitants. Et certaines décisions des nouveaux édiles du parti ont créé la polémique au fil des mois. D'entrée, la décision de plusieurs d'entre eux de décrocher le drapeau européen du fronton des mairies a provoqué l'indignation d'une partie de la classe politique.

À Carcassonne, Christophe Barthès a coupé les aides et financements à ses opposants, retirant les avantages mis à disposition des syndicats nationaux, et déployant un remarqué arrêté anti-mendicité. Dans le Pas-de-Calais, c'est le maire de Liévin, Dany Paiva, qui a purement et simplement supprimé une cérémonie avec les syndicats en marge des cérémonies du 1er-Mai. À Carpentras, l'ex-député Hervé de Lépinau, a retiré une subvention au planning familial de Vaucluse, accablant cet "avant-poste" du "wokisme".

Dans plusieurs mairies, le budget de la culture a été largement élagué. À Castres, qui figure parmi les conquêtes du RN, l'annulation par la municipalité d'une pièce de théâtre d’Alexis Michalik a défrayé la chronique et suscité la condamnation de la ministre de la Culture, Catherine Pégard. Le maire, Florian Azéma, avait jugé que la pièce faisait la "promotion des clandestins" et dressait une mauvaise image des forces de l’ordre. A Vauvert (Gard), Nicolas Meizonnet a annulé une exposition photo, l'auteur étant accusé d'être pro-LFI, et a retiré une subvention à un festival de jazz, tout en annonçant le retour de la corrida.

Les yeux vers 2027

Cette activité empressée des nouveaux maires du Rassemblement national pourrait représenter un désavantage dans la campagne de Marine Le Pen, si la candidate et ses lieutenants devaient passer du temps à défendre leurs décisions municipales, ou si ces dernières étaient susceptibles de renvoyer les électeurs à une image que le Rassemblement national tente d'estomper. Selon Le Parisien, dès le mois de mars, les cadres du parti ont envoyé une piqûre de rappel aux nouveaux maires, sur une boucle WhatsApp.