"Une année d'action". Lors de la traditionnelle cérémonie des vœux à la presse, ce jeudi 22 janvier, la présidente de l'Assemblée nationale a plaidé pour que 2026 soit une année utile aux Français, appelant à ne "pas considérer que nous sommes déjà en campagne présidentielle en vue de 2027". Yaël Braun-Pivet a notamment évoqué le texte sur l'aide à mourir et indiqué sa volonté de poursuivre la modernisation du travail parlementaire.
"Je suis concentrée sur ma tâche, et j'invite tout le monde à faire de même". A l'approche des élections municipales du mois de mars et de la présidentielle de 2027, qui aiguise déjà les appétits, Yaël Braun-Pivet a appelé, ce jeudi 22 janvier, à ne pas négliger le travail législatif des mois à venir, souhaitant qu'à l'Assemblée nationale, 2026 constitue "une année d'action" pour le pays.
La présidente de l'Assemblée nationale a notamment évoqué le texte instaurant un droit à l'aide à mourir, actuellement en cours de navette au Sénat. "C'est une attente très forte de nos compatriotes", a-t-elle souligné. Et de s'engager personnellement, comme elle l'a déjà fait à plusieurs reprises, pour faire en sorte que le texte entre en vigueur avant la fin du mandat d'Emmanuel Macron à l’Elysée. "Je ferai tout pour que ce texte soit adopté avant l'été 2026, et pour qu'il puisse entrer en application avant la fin du quinquennat", a-t-elle insisté.
De même, elle a rappelé défendre "depuis longtemps" le principe d'un nouvel acte de décentralisation, estimant que le projet de loi en la matière, voulu par le Premier ministre et attendu au printemps, pourrait constituer "un enjeu d'efficacité, mais aussi d'économies structurelles sur le budget de la Nation". La présidente de l'Assemblée nationale a également évoqué le projet de loi à venir sur le renforcement des pouvoirs des polices municipales, ainsi que celui visant à lutter contre la vie chère en Outre-mer.
Alors que les députés discutaient au même moment dans l'hémicycle des propositions présentées dans le cadre de la journée d'initiative parlementaire du groupe Droite républicaine, elle a dit "espérer" que le texte visant à permettre aux salariés de certains secteurs de travailler le 1er mai soit "adopté aujourd'hui dans l'hémicycle". Elle s'est, en revanche, montrée défavorable à la proposition de loi visant à instaurer une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre.
Au cours de ses vœux,Yaël Braun-Pivet a dit sa volonté de réformer le fonctionnement de l'Assemblée nationale et de moderniser la procédure législative. Et ce d'abord au travers de la réforme du règlement de l'institution qu'elle préside. "Il faut tout regarder, ne rien s'interdire", a-t-elle aussi estimé, évoquant notamment les commissions permanentes, les commissions d'enquête, ou encore le nombre de députés nécessaires pour constituer un groupe politique. "On a une Assemblée qui doit s'adapter à une situation politique inédite", a-t-elle aussi considéré.
Prenant l'exemple de l'examen du projet de loi de finances pour illustrer ses propos, la présidente de l'Assemblée nationale a regretté que "ce débat [n'ait] donné satisfaction à personne". Sur ce sujet, elle propose notamment "une fusion" entre les volets recettes et dépenses du texte, afin de "ne plus avoir de vote qui conditionne la suite de l'examen". Elle plaide, en outre, pour une vision budgétaire "pluriannuelle".
Sans se prononcer pour sa suppression, Yaël Braun-Pivet a, par ailleurs, défendu l'idée de "travailler différemment pour ne pas avoir à passer par 49.3", constatant que cet outil constitutionnel est "ressenti comme un passage en force". "On est capables de trouver des majorités sur des sujets qui ne sont pas forcément faciles. La dernière marche, c'est d'être capable de trouver une majorité sur les textes budgétaires, et on a franchi une première étape avec le budget de la Sécurité sociale", a-t-elle fait valoir, jugeant que "la volonté politique ne suffit pas, il faut aussi changer nos règles".
Interrogée sur la montée de l'antiparlementarisme, la présidente de l'Assemblée nationale l'a qualifié de "profondément antidémocratique". Et d'appeler à "renouer la confiance" entre les citoyens et les élus. Dans le même temps, Yaël Braun-Pivet souhaite encourager les initiatives citoyennes, se prononçant notamment pour une évolution du référendum d'initiative partagée (RIP) et se disant favorable à "un abaissement des seuils", afin que ce dispositif prévu par la Constitution puisse réellement être mis en œuvre.