Essence : LFI dépose une proposition de loi pour bloquer les prix

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Aurélie Trouvé en commission des Affaires économiques, le 10 décembre 2025
Aurélie Trouvé en commission des Affaires économiques, le 10 décembre 2025 - LCP
par Raphaël Marchal, le Vendredi 6 mars 2026 à 18:15

Du fait du conflit au Moyen-Orient, "tous les prix de l'énergie risquent de flamber pour profiter aux multinationales", justifie Aurélie Trouvé (LFI), première signataire de la proposition de loi. Le texte prévoit de geler pour une durée maximale de trois mois les prix de vente au détail de l'essence, du gaz et de l'électricité, en cas de "crise internationale".

Alors que les prix de l'essence et du gazole ont déjà commencé à augmenter, La France insoumise veut pouvoir faire face à une potentielle "flambée des prix de l'énergie" due au conflit au Moyen-Orient et au blocage du détroit d'Ormuz. La députée Aurélie Trouvé a déposé ce vendredi une proposition de loi destinée à geler temporairement les prix de l'énergie, lors de "circonstances exceptionnelles résultant d'une crise internationale majeure affectant la production, l'acheminement ou l'approvisionnement mondial en énergie".

Le texte permet que "les prix de vente au détail des carburants, du gaz naturel et de l'électricité" puissent être "gelés" ou "plafonnés" pour une durée maximale de trois mois. Ce dispositif "strictement encadré" et "proportionné aux circonstances", vise à "garantir que les conséquences des crises énergétiques internationales ne soient pas supportées principalement par les consommateurs", soutiennent les signataires du texte, qui ciblent "certains grands groupes du secteur" aptes à "tirer profit des situations de crise".

Il existe déjà des mécanismes de régulation des prix, rappelle Aurélie Trouvé. Mais ceux-ci sont trop généraux, et dépendent d'une "décision politique discrétionnaire du pouvoir exécutif", critique-t-elle. "Il appartient à la puissance publique de disposer des instruments nécessaires pour protéger la population."

Le RN défend une baisse des taxes

Mercredi, Marine Le Pen avait pour sa part défendu une baisse des taxes sur les carburants et sur l'énergie, afin de compenser les hausses. "On ne peut pas imaginer, dans la situation que nous connaissons, qu'une augmentation du prix de l'énergie permette à l'Etat de s'enrichir", avait pointé la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale. Son parti défend de longue date une réduction de 20 % à 5,5 % de la TVA sur les carburants, le fioul et le gaz. Une mesure jugée "inconcevable" par la ministre déléguée à l'Energie, Maud Bregeon, car elle pèserait trop sur les finances publiques.

La responsabilité du gouvernement, c'est de protéger nos concitoyens. Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de l'Energie

Les prix à la pompe ont augmenté de "5 à 15 centimes d'euros sur le SP95" et de "15 à 20 centimes sur le gazole", a fait savoir jeudi le ministre de l'Economie, Roland Lescure, dans une interview au Parisien. "Dans certaines stations-service, les prix ont augmenté de façon supérieure à ce qu'on constate sur la moyenne nationale. [...] Toute la transparence doit être faite, et chacun doit être raisonnable", a pour sa part indiqué Maud Bregeon sur TF1. "Nous mettrons tout en œuvre pour faire des contrôles si nécessaire."