Plusieurs personnalités politiques ont réagi à l'allocution d'Emmanuel Macron sur la situation au Moyen-Orient. Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale, a plaidé pour une baisse des taxes sur l'essence et l'énergie. Mathilde Panot, patronne des députés LFI, a pour sa part réitéré sa demande d'organiser un débat au Palais-Bourbon.
"Je n'ai rien trouvé de choquant dans la déclaration du président de la République." Invitée de RTL ce mercredi 4 mars, au lendemain de l'allocution d'Emmanuel Macron, Marine Le Pen a approuvé l'approche défensive du chef de l'Etat. La présidente du groupe Rassemblement national au Palais-Bourbon a estimé que la décision de déployer le porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée n'était pas "choquante".
"J'ai trouvé qu'il manquait peut-être la conscience de la préoccupation de nos compatriotes sur une potentielle explosion du prix de l'énergie", a-t-elle toutefois indiqué, se prononçant sur une baisse des taxes sur l'essence et sur l'énergie. "On ne peut pas imaginer, dans la situation que nous connaissons, qu'une augmentation du prix de l'énergie permette à l'Etat de s'enrichir."
"Nous ferons très attention à ce que la France ne mette pas un doigt dans une guerre illégale, uniquement décidée par Trump et Netanyahou", a pour sa part commenté Mathilde Panot sur France Inter. "Ce que je trouve désolant dans ce que le président a dit, c'est que la première responsabilité venait de l'Iran", a ajouté la présidente du groupe La France insoumise de l'Assemblée nationale, dénonçant les "mensonges" sur lesquels l'opération israélo-américaine a selon elle été bâtie.
La députée ne s'est pas opposée aux annonces d'Emmanuel Macron liées à la protection du commerce international. "Je suis d'accord pour que la France honore ses engagements, mais je demande à ce que le Parlement soit saisi", a-t-elle fait savoir, plaidant à nouveau pour l'organisation d'un débat suivi d'un vote, comme le prévoit l'article 50-1 de la Constitution. Ce débat serait notamment destiné à permettre de déterminer "si la France se situe toujours du côté du droit international". "Je me demande si on ne serait pas, au titre de l'article 35 de la Constitution [sur la déclaration de guerre], dans un moment où le Parlement devrait être saisi", a également ajouté Mathilde Panot.
L'élue LFI a par ailleurs appelé à la désescalade. "La France doit se situer du côté du cessez-le-feu immédiat, du droit international. Je suis très inquiète quand j'entends un ancien Premier ministre, Gabriel Attal, expliquer qu'il faudrait envoyer valser l'ONU qu'il compare à une ONG climatique", a-t-elle cinglé. Avant de s'étonner que le président de la République ait demandé à Israël de ne pas mener une opération terrestre au Liban qui a, selon elle, déjà débuté. "Que fait la France pour protéger le Liban ? La France doit être une puissance de paix."
Sur X, le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a reconnu que "la protection de nos compatriotes, de nos alliés, le respect de nos engagements vis à vis de Chypre, l’intégrité territoriale du Liban ami, doivent être soutenus". Mais le député a estimé que ces actions ne devaient pas "conduire à un soutien implicite à la guerre conduite sans mandat par Trump et Netanyaou". "L’urgence est au retour du droit international et au refus d’une escalade régionale dont personne ne maîtrise l’ampleur."
"Je me permets de poser ici avec délicatesse pour ne choquer personne, qu’il existe un parlement en France, qui n’a pas [encore] voté les pleins pouvoirs à Emmanuel Macron et qu’il pourrait être utile de respecter nos institutions quand il s’agit de guerre", a pour sa part ironisé la députée Ecologiste et social Sandrine Rousseau, sur le réseau social Bluesky.
Le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel, a lui critiqué l'envoi du porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée, qui constitue selon lui "un nouveau palier dans l'escalade militaire". "Si nous devons protéger nos ressortissants et nos soldats engagés dans un conflit déclenché par d'autres, la France ne doit en aucun cas devenir co-belligérante d'une guerre aux conséquences imprévisibles", a mis en garde l'ancien député sur X. "Refusons la spirale de la surenchère militaire."