Violences à l'école: pourquoi l’insoumis Paul Vannier a été écarté de la proposition de loi

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Paul Vannier dans l'hémicycle de l'Assemblée, le 1er juin 2026.
Paul Vannier dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 1er juin 2026.
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Lundi 1 juin 2026 à 17:37, mis à jour le Lundi 1 juin 2026 à 17:39

La proposition de loi issue de la commission d'enquête dite Bétharram arrive dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale ce lundi 1er juin. Mais seule la députée Violette Spillebout (Ensemble pour la République) est rapporteure, pas son collègue Paul Vannier (La France insoumise). LCP vous explique pourquoi.

Pendant plusieurs mois, entre mars et juillet 2025, les députés Violette Spillebout (Ensemble pour la République) et Paul Vannier (La France insoumise) se sont affichés constamment ensemble. La raison : ils étaient co-rapporteurs de la commission d'enquête, dite Bétharram, sur "les modalités du contrôle par l'État et de la prévention des violences dans les établissements scolaires". Ils étaient tous les deux, encore, en novembre 2025, pour annoncer le dépôt d'une proposition de loi issue de leurs travaux.

Mais le texte visant à protéger les enfants et à lutter contre les violences en milieu scolaire, qui arrive en séance à l'Assemblée nationale ce lundi 1er juin, a été déposé fin avril par Violette Spillebout uniquement et ne fait aucune mention de Paul Vannier. Pourquoi ?

En fait, une première proposition de loi, identique et signée par 142 députés issus de neuf des onze groupes parlementaires, avait été déposée par les deux députés en février avec l'objectif de la faire inscrire sur une semaine où l'ordre du jour est fixé par l'Assemblée nationale, et qui est dévolue aux textes transpartisans. Sans succès, faute de soutiens suffisants des présidents de groupe. "Ce rejet n'a été rendu possible que par la formation d'un bloc de droite et d'extrême droite auquel s'est adjoint le MoDem de François Bayrou pour voter contre notre texte avec le groupe Horizons", et l'abstention de Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République (EPR), avait dénoncé Paul Vannier. La France insoumise, les socialistes et les écologistes avaient, eux, voté pour son inscription. 

-> Lire aussi - Lutte contre les violences à l'école : "Tout le monde dit que le sujet est transpartisan, il faut maintenant le prouver"

6h30 de discussions et pas davantage

Mi-avril, le groupe EPR avait finalement annoncé avoir "décidé de consacrer le temps" de l'une de ses journées réservées, à savoir celle du 1er juin, "à la reprise de cette proposition de loi". "La signature et rapporteure sera Violette Spillebout", indiquait le communiqué. "La présence de cosignataires et d'un co-rapporteur issus de La France insoumise ne permet pas de réunir les conditions d'un consensus transpartisan [...], plusieurs groupes ayant annoncé leur refus de s'associer à un texte porté par LFI", pouvait-on également lire. 

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Ce qui avait provoqué la colère de Paul Vannier. "Vous n'avez qu'une obsession, évincer le rapporteur insoumis, signe de votre sectarisme ridicule. Pour ma part, je ferai tout pour permettre l’adoption de notre proposition de loi. Contrairement à vous je ne ferai jamais passer mon intérêt avant celui des enfants", avait répondu l'élu LFI, en réponse à un tweet de Gabriel Attal.

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Le député du Val d'Oise regrettait aussi le délai d'examen lié à ce choix : "Nous ne disposerons que de 6h30 de débats pour aborder un sujet aussi important." En effet, les discussions débuteront ce lundi à 16 heures, pour se terminer à minuit (avec une pause entre 20h et 21h30). 

Interrogé la semaine dernière par LCP, un cadre du groupe EPR assumait : "sans nous, le texte n'aurait jamais été inscrit à l'ordre du jour" ; et rappelait que pour les siens, "le Rassemblement national et La France insoumise, c'est la même chose". 

"Nous portons ce texte ensemble", dit Spillebout

De son côté, et malgré la décision de son groupe, qui n'est pas la sienne, assure-t-elle, Violette Spillebout a continué de citer son collègue Paul Vannier à chacune de ses prises de parole sur la proposition de loi. "Nous portons ce texte ensemble", a-t-elle répété en commission la semaine dernière. Et c'est aussi, tous les deux que les députés ont mené plusieurs auditions préparatoires en vue de l'examen du texte à l'Assemblée nationale.

Ce lundi, en prenant la parole dans l"hémicycle de l'Assemblée nationale, et face aux journalistes salle des Quatre-Colonnes (voir la vidéo en tête d'article), Paul Vannier a une nouvelle fois dénoncé "le sectarisme de Gabriel Attal" qui "a empêché" l'inscription du texte en semaine transpartisane, "mettant son adoption en péril". 

(vidéo réalisée par Thibault Linard pour LCP)