Le député insoumis Sébastien Delogu a été placé en garde à vue ce jeudi suite à une altercation lundi avec trois policiers venus interpeller un suspect dans l'immeuble où il réside, a annoncé le parquet de Marseille.
"Le parquet de Marseille confirme le placement en garde à vue de Sébastien Delogu dans le cadre de l'enquête de flagrance diligentée pour outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique", a précisé le parquet ce jeudi 27 août en réponse à une question de l'AFP. En début d'après-midi, le député de La France Insoumise s'était rendu au commissariat à Marseille, en compagnie de son avocat, pour une audition portant sur cette altercation qui s'est produite lundi.
Trois policiers avaient porté plainte à la suite de l'incident, tout comme le député LFI, dont l'avocat Yonès Taguelmint a confirmé jeudi qu'une plainte contre X avait été déposée pour injures et violences physiques.
D'après la Constitution, un parlementaire ne peut être arrêté ou faire l'objet d'une "mesure privative ou restrictive de liberté qu'avec l'autorisation du Bureau de l'assemblée dont il fait partie (ou…) en cas de crime ou délit flagrant ou de condamnation définitive."
Les faits se sont produits lundi vers 15h15 : trois policiers, à la recherche d'un homme soupçonné de vol de montre, tentaient de pénétrer dans l'immeuble où habite le député marseillais. Affirmant que les policiers n'avaient pas décliné leur identité, Sébastien Delogu a refusé de les laisser entrer avant de les retrouver quelques instants plus tard sur son palier, où les échanges ont dégénéré.
Selon la version du député, qui a transmis aux médias un enregistrement vidéo partiel de l'incident. il rentrait dans sa copropriété et s'apprêtait à en fermer la porte laissée ouverte quand, a-t-il raconté à l'AFP, "une personne en habit de civil que je ne connais pas m'intime de la laisser ouverte. Je ne connais pas la personne, je ne lui fais pas confiance car on m'a déjà menacé donc je refuse de la laisser ouverte".
"Ces personnes me suivent jusqu'à mon domicile, je leur demande leur carte de police. Ils me sautent dessus en me traitant de 'bon à rien'". Il affirme également que l'un des agents lui a lancé "'tu pues de la gueule'" et porté "un coup sur la poitrine".
De leur côté, les policiers ont porté plainte pour "outrage à personnes dépositaires de l'autorité publique", affirmant dans des PV que l'AFP a pu consulter que Sébastien Delogu s'était opposé "physiquement" à leur entrée dans l'immeuble, avant de les traiter notamment de "bande de fatigués" ou encore, pour l'un d'eux, de "trou du cul".
L'homme recherché a été interpellé sans encombre dans un appartement situé en face de celui du député. Selon les déclarations des policiers consultées par l'AFP, ils auraient eu plus tôt dans la journée un contact téléphonique avec Sébastien Delogu via une voisine, et le député leur aurait ensuite indiqué qu'il avait contacté le suspect pour lui indiquer que la police était à sa recherche. Interrogé par message mercredi par l'AFP sur ces affirmations, l'élu n'a pas répondu.
(avec AFP)