Une altercation, partiellement filmée, a opposé en début de semaine le député Sébastien Delogu (La France insoumise) à trois policiers venus interpeller un suspect dans l'immeuble où réside le parlementaire à Marseille, déclenchant des dépôts de plainte réciproques.
Les faits se sont produits lundi 24 août vers 15h15, alors que trois policiers, à la recherche d'un homme soupçonné de vol de montre, tentaient de pénétrer dans l'immeuble où habite le député marseillais. Affirmant que les policiers n'avaient pas décliné leur identité, Sébastien Delogu a refusé de les laisser entrer avant de les retrouver quelques instants plus tard sur son palier, où les échanges ont dégénéré.
Selon la version du député, il rentrait dans sa copropriété et s'apprêtait à en fermer la porte laissée ouverte quand, a-t-il raconté à l'AFP, "une personne en habit de civil que je ne connais pas m'intime de la laisser ouverte. Je ne connais pas la personne, je ne lui fais pas confiance car on m'a déjà menacé donc je refuse de la laisser ouverte". "Ces personnes me suivent jusqu'à mon domicile, je leur demande leur carte de police. Ils me sautent dessus en me traitant de 'bon à rien'". Il affirme également que l'un des agents lui a lancé "'tu pues de la gueule'" et porté "un coup sur la poitrine".
"J'ai décidé de porter plainte", a ajouté le député, qui a transmis à la presse un enregistrement partiel de l'incident.
De leur côté, les policiers ont porté plainte pour "outrage à personnes dépositaires de l'autorité publique", affirmant dans des procès-verbaux que l'AFP a pu consulter que Sébastien Delogu s'était opposé "physiquement" à leur entrée dans l'immeuble, avant de les traiter notamment de "bande de fatigués" ou encore, pour l'un d'eux, de "trou du cul".
L'homme recherché a été interpellé sans encombre dans un appartement situé en face de celui du député.
"Avec La France insoumise, c'est toujours de la faute des autres", a écrit mercredi sur le réseau X le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, soulignant que "l'enquête permettra de déterminer les circonstances exactes" de l'altercation. Il affirme son "soutien aux forces de l'ordre qui doivent pouvoir exercer leur fonction partout et en toutes circonstances, et à tout le moins y être aidées par un élu de la République".
Le député de Marseille a été condamné en 2025 pour "violences aggravées" à l'encontre de deux cadres de l'Éducation nationale en marge d'un blocus lycéen en 2023 à Marseille. Fin mai, il a porté plainte contre un homme qui l'aurait insulté, agressé et menacé de mort, lui reprochant ses positions contre le gouvernement israélien. Sébastien Delogu doit également comparaître le 21 octobre devant la justice pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux des documents personnels d'un entrepreneur à qui il reprochait ses liens avec Israël.
(avec AFP)