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Jean Castex

Avant son départ de Matignon, les confidences de Jean Castex

Actualité
par Brigitte Boucher, le Vendredi 13 mai 2022 à 21:42, mis à jour le Samedi 14 mai 2022 à 11:26

Après un peu moins de deux années passées à Matignon, le Premier ministre, Jean Castex, s'apprête à quitter ses fonctions. Nommé en juillet 2020, il devrait démissionner en début de semaine prochaine pour permettre à Emmanuel Macron de nommer un nouveau Premier ministre. Avant son départ, il s’est confié à LCP sur ses relations avec le président de la République, son passage rue de Varenne et son avenir. 

Il est bientôt l’heure de tourner la page de Matignon pour Jean Castex. Le Premier ministre devrait démissionner en tout début de semaine prochaine. Il y a un peu moins de deux ans, en choisissant Jean Castex, qui était alors encarté chez Les Républicains, pour succéder à Edouard Philippe à la tête du gouvernement, Emmanuel Macron a créé la surprise. Jusqu'au jour de sa nomination, personne n'avait imaginé voir ce haut fonctionnaire de 55 ans, à l'accent chantant, alors maire de Prades (Pyrénées-Orientales), devenir Premier ministre. 

Une nomination à laquelle il ne s’attendait pas lui-même. "Matignon je m’y suis plu énormément", reconnaît-il au moment où il s'apprête à quitter ses fonctions. D’autant que le successeur d’Edouard Philippe estime avoir eu, avec le Président, une "relation de respect mutuel et d’écoute", ponctuée par des déjeuners en tête à tête à l'Elysée tous les lundis. Une relation de confiance aussi : "le Premier ministre a été parfaitement respecté dans son rôle", affirme-t-il.

Matignon "c’est une ruche qui fonctionne parfaitement" 

C’est en responsabilité que Jean Castex a pris ses fonctions, lui qui avait été secrétaire général adjoint de la présidence de la République à la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Après avoir été le "Monsieur déconfinement" de 2020, il sera finalement chargé de gérer les confinements successifs décrétés lors des différentes vagues de l'épidémie de Covid-19. Une crise qui lui a permis d'apprécier l'importance des relations avec les collectivités locales et d'éprouver le fonctionnement de l'appareil de l'Etat. Car en terme d’exécution tout passe par Matignon. "C’est une ruche qui fonctionne parfaitement. On ne gère pas un club de vacances mais les affaires de l’Etat. Il faut donc que ça marche". Jean Castex qui se voit avant tout comme un serviteur de l’Etat affirme qu’"exercer ces fonctions a été pour moi un accomplissement, une fierté immense. Je ne me suis jamais senti enférisé" dit-il, reprenant l’expression popularisée par le titre du livre de la journaliste Raphaëlle Bacqué, L'enfer de Matignon, publié en 2008, dans lequel d’anciens locataires de Matignon racontent leur calvaire. Au contraire, Jean Castex affirme même avoir été heureux, rue de Varenne, avec sa famille. 

Alors que la fin de sa mission approche, il indique n’avoir jamais envisagé rester, car pour lui "les élections marquent un nouveau moment politique qui nécessite un nouveau souffle"Son avenir? "Je quitterai le champ politique national", déclare celui qui aime le management et la prise de décision, deux compétences qu’il pourrait mettre à profit dans le domaine du social. Mais avant tout, après avoir quitté Matignon, Jean Castex devrait prendre quelques vacances chez lui, à Prades, où il n’a pu retourner aussi souvent qu’il l’aurait voulu depuis deux ans. "Je sais d’où je viens et je sais où je vais revenir" glisse celui qui, au moment où il parle, est encore Premier ministre.