Se rapprocher ou pas de La France insoumise en vue du second tour ? Dans l'entre-deux-tours des élections municipales, des alliances ont été passées entre socialistes, écologistes et insoumis, afin de maximiser les chances de victoire. Toutes n'ont pas été acceptées par l'ensemble des colistiers de départ. Tour d'horizon des désaccords.
Ça y est, la carte des alliances passées à gauche en vue du second tour s'éclaircit. Et certains rapprochements entre forces politiques ne font pas que des heureux. Ainsi, à Nantes, le premier adjoint de la maire socialiste sortante, Bassem Asseh, a annoncé ce mardi se retirer de la liste menée par Johanna Rolland, au lendemain de l'annonce d'un accord avec La France insoumise.
"J'ai fait le choix de ne pas être candidat au second tour de l'élection municipale", a écrit Bassem Asseh sur X, tout en appelant quand même à voter pour l'édile sortante.
"Dimanche, aucune voix ne doit manquer" pour "empêcher la droite radicale – celle que représente la liste de Foulques Chombart de Lauwe – d'accéder au pouvoir à Nantes", a-t-il poursuivi, sans aucune référence à LFI. Interrogé par l'AFP, Bassem Asseh a toutefois précisé que sa décision était bien liée à l'accord avec les insoumis, sans donner davantage de détails. Au premier tour, ce socialiste, élu depuis 2014, figurait en sixième position de la liste de Johanna Rolland.
Cette dernière a réuni dimanche 35,24% des voix et est talonnée par le candidat des Républicains, Foulques Chombart de Lauwe (33,77%). Fort de 11,2% des suffrages, le candidat Insoumis, William Aucant, avait proposé dès dimanche soir une fusion technique à la maire sortante. Ce qui a été officialisé ce lundi.
Le même jour, les forces de gauche de Toulouse, emmenées par François Piquemal (LFI) d'un côté et François Briançon (PS) de l'autre, avaient été parmi les premières à annoncer un accord pour espérer emporter la Ville rose et battre le sortant Jean-Luc Moudenc (Les Républicains). Une alliance qui se fait derrière l'insoumis, en tête de la gauche au premier tour.
Là aussi, la décision a entraîné des départs, dont celui d'Emilie Dalix, qui figurait en 12e position sur la liste de premier tour de François Briançon. Sur Facebook, cette dernière a dénoncé une "fusion de circonstance", qu'elle "n'approuve pas". "Compte tenu de l'absence de désolidarisation sur les propos antisémites de J.L Mélenchon, d’un programme de second tour flou sur le devenir de la LGV et de l'aéronautique notamment, je ne serai pas candidate pour ce second tour", explique-t-elle, critiquant "une impasse pour la gauche".

Un choix similaire a été fait par le conseiller régional socialiste Marc Sztulman (qui était en 17e position), "En tant que Toulousain, je refuse cette compromission. [...] Mon éthique personnelle commande aux stratégies politiques. Elle ne leur obéit pas. Je ne quitte pas le combat. Je quitte un attelage où l’on m’a demandé de fermer les yeux. Les miens resteront ouverts", écrit dans une tribune publiée par La Dépêche ce proche de Carole Delga, la présidente de la région Occitanie, hostile à une union de la gauche avec La France insoumise. "Immense respect pour Marc Sztulman", a réagi sur X le député socialiste Jérôme Guedj.
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A l'inverse, à Lille, c'est le choix du candidat écologiste Stéphane Baly – arrivé troisième du premier tour (17,75%) – de rejoindre les socialistes, emmenés par le sortant Arnaud Deslandes (1er, avec 26,26%), qui ne passe pas. Des discussions avaient également été engagées avec la candidate insoumise Lahouaria Addouche, deuxième du premier tour (23,36%), sans succès.
Cette dernière, ainsi qu'Aurélien Le Coq, député LFI du Nord, avaient assuré lundi à plusieurs reprises qu'un accord était proche entre leur liste et celle des Verts. "Nous ne comprenons pas ce choix en complète contradiction avec les six années passées dans l'opposition de Stéphane Baly et sa campagne intransigeante de premier tour", a sèchement réagi La France insoumise dans un communiqué critiquant "les combines d'appareil et les tambouilles électoralistes".
Opposé à ce rapprochement avec le PS, l'écologiste Simon Jamelin, qui était en troisième place sur la liste de premier tour de Stéphane Baly, s'est retiré. Il a également retiré sa liste à Hellemmes, une commune associée à Lille, sur laquelle il figurait en première position, après avoir "collectivement fait le choix de ne pas nous associer à la liste dirigée par le maire [socialiste] sortant" et ne pas avoir "été en capacité de nous associer" avec le candidat insoumis.
A Lille, ce rapprochement a d'autant plus crispé que les co-listiers de Stéphane Baly, ainsi que les militants écologistes, s'étaient prononcés, avec une faible majorité, pour une alliance avec LFI. Dans un court communiqué, les jeunes écologistes du Nord-Pas-de-Calais ont annoncé se "désolidariser" de la liste portée par Stéphane Baly, "faute de démocratie interne".
"On a une tête de liste qui a fait un choix", commentait, gêné, ce mardi auprès de LCP un cadre du parti écologiste, confirmant que l'élu du Nord n'avait "pas respecté le vote interne". Et d'ajouter, refusant de critiquer, en pleine campagne, l'option choisie : "On espère que ce sera le bon."