Municipales: la plupart des députés élus au premier tour vont quitter l'Assemblée pour devenir maires

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Un maire et son écharpe (illustration)
Un maire et son écharpe (illustration)
par Soizic BONVARLET, le Mardi 17 mars 2026 à 18:30, mis à jour le Mardi 17 mars 2026 à 18:50

Dix-sept députés qui étaient candidats en tête d'une liste aux élections municipales l'ont emporté dès le premier tour dimanche dernier. A quelques exceptions près, ils choisiront bel et bien d'exercer la fonction de maire, ce qui les amènera - non-cumul oblige - à quitter l'Assemblée nationale, où de nouveaux visages vont donc arriver. 

Siège de député ou fauteuil de maire ? Tel est le choix qui s'offre aux dix-sept députés qui étaient têtes de liste aux élections municipales et qui l'ont emporté dès le premier tour dimanche 15 mars. En vertu de la loi de 2014, qui interdit de cumuler un mandat de parlementaire et une fonction exécutive locale, les heureux élus vont en effet devoir choisir entre leur mairie et l'Assemblée nationale. Ceux qui quitteront le Palais-Bourbon y seront remplacés par leurs suppléants respectifs. Et si certains suppléants refusent de jouer ce rôle, des élections législatives partielles seront organisées dans les circonscriptions concernées. 

L'écharpe de maire largement plébiscitée

Elu au premier tour à Châteaudun, dans l'Eure-et-Loir, Philippe Vigier (Les Démocrates) rejoindra sa mairie après deux décennies passées à l'Assemblée nationale, interrompues par un épisode gouvernemental en 2023 en tant que ministre des Outre-mer. C'est à l'époque son suppléant Laurent Leclercq qui avait siégé à sa place. Lui-même maire sortant de la commune de Toury et candidat malheureux à sa réélection, il n'a pour l'heure pas confirmé son intention de siéger à nouveau au Palais-Bourbon à la place de Philippe Vigier.

D'ores et déjà élu à Cappelle-la-Grande, dans le Nord, Julien Gokel (Socialistes) avait fait savoir dès son annonce de candidature qu'en cas de victoire, il redeviendrait maire au détriment de son mandat de député. Il avait alors indiqué se sentir "plus utile dans le Dunkerquois" qu'à la tête d'un mandat national.

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Fabien Di Filippo (Droite républicaine) renoncera également à son mandat de député pour rejoindre la mairie de Sarrebourg, en Moselle, conformément à son engagement de campagne, soldée par une victoire dès le premier tour. Son suppléant, Jérôme End, ayant lui-même remporté la mairie de Vic-sur-Seille, il n'est pas acquis qu'il siègera à la place de Fabien Di Filippo, ce qui pourrait déclencher une législative partielle. 

Siégeant au sein du même groupe politique, Jérôme Nury (Droite républicaine), quittera lui aussi les bancs de l'Assemblée nationale pour se consacrer à son mandat de maire de Tinchebray-Bocage, dans l'Orne. "C'est ma suppléante Cendrine Foucher-Chazé qui va pouvoir reprendre le flambeau pour un an", avait-il indiqué auprès de nos confrères d'Ici Normandie début mars.

Autre élu au premier tour dans son fief de Coulommiers, en Seine-et-Marne, dont il a déjà été maire entre 2008 et 2017, Franck Riester (Ensemble pour la République) revient à ses premières amours, martelant son intention de "travailler pour tous les Columériens". Sa suppléante, Patricia Lemoine, qui a déjà siégé au sein de la représentation nationale lorsque Franck Riester était ministre entre 2018 et 2022, devrait à nouveau le remplacer. 

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Dans les rangs du groupe Rassemblement national, au moins deux nouvelles arrivées se profilent. En effet, Bryan Masson, élu dès le premier tour, a fait part de son intention de privilégier la mairie de Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes. Et c'est son suppléant, Cyril Tribuiani, qui devrait siéger à sa place au Palais-Bourbon. De même, Nicolas Meizonnet, élu maire de Vauvert, dans le Gard, a déjà annoncé que sa suppléante, Caroline Devaux, prendrait sa place à l'Assemblée nationale.

Le président du groupe Horizons, Paul Christophe, a également été élu dès le premier tour à Zuydcoote, dans le Nord. Evoquant un "nouveau départ", il avait indiqué pendant la campagne qu'il choisirait bel et bien de devenir maire plutôt que de rester député s'il l'emportait aux municipales. C'est aussi son suppléant Pierre Marle qui devrait donc occuper son siège de velours rouge, comme en 2024 lorsque Paul Christophe avait été appelé à des fonctions gouvernementales. 

Conséquence directe, les membres du groupe Horizons et Indépendants devront désigner un nouveau chef de file. Parmi eux, le député de Corse-du-Sud Laurent Marcangeli a déjà occupé ce poste, quand l'élue de Seine-Maritime Agnès Firmin Le Bodo l'avait brigué en janvier 2025, échouant face à Paul Christophe.

Parmi les députés en ballotage favorable pour le deuxième tour des municipales, les insoumis David Guiraud à Roubaix, François Piquemal à Toulouse et Damien Maudet à Limoges devraient eux aussi, en cas de victoire et au vu de leur caractère symbolique et stratégique, choisir d'échanger l'écharpe de député contre celle de maire. 

Egalement en position très favorable pour gagner la mairie de La Rochelle, Olivier Falorni (apparenté Les Démocrates) a d'ores et déjà indiqué à LCP que, s'il était élu maire, sa suppléante Sabine Gervais siègerait à sa place à l'Assemblée nationale, afin notamment de mener à son terme le combat pour l'instauration d'un droit à l'aide à mourir, les partisans du texte espérant son adoption définitive d'ici à l'été.

Rester député : un choix très minoritaire

Largement élu dès le premier tour, Philippe Juvin (Droite républicaine), qui occupe un poste stratégique à l'Assemblée nationale en sa qualité de rapporteur général du budget, restera député des Hauts-de-Seine. Déjà réélu maire de La Garenne-Colombes en 2020, mandat qu'il occupait depuis 2001, il avait cédé son fauteuil à Monique Raimbault, première sur sa liste, à l'entrée en vigueur de la loi sur le non-cumul des mandats. Il est toutefois resté conseiller municipal de sa commune dirigée par sa colistière, schéma qui a donc vocation à se répéter.

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Autre gagnante dès le premier tour qui ne deviendra pas maire, Michèle Tabarot (Droite Républicaine) au Cannet. Elue et réélue à la tête de cette commune des Alpes-Maritimes depuis 1995, elle a fait savoir dès l'annonce de sa candidature que comme en 2020, elle cèderait son fauteuil à son premier adjoint, Yves Pigrenet.

A gauche, Stéphane Hablot (Socialistes), déjà élu à Vandœuvre-lès-Nancy, en Meurthe-et-Moselle, opère le même choix qu'en 2024 en privilégiant son siège de député. Et c'est Manu Donati, actuellement maire de fait, qui continuera d'assumer cette fonction par procuration, a priori jusqu'aux prochaines élections législatives.