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Elisabeth Borne en campagne dans le Calvados (AFP)

Baromètre politique : un nouvel exécutif sans état de grâce

Actualité
par Jason Wiels, le Lundi 30 mai 2022 à 16:55, mis à jour le Mardi 31 mai 2022 à 05:00

Testée pour la première fois dans notre sondage mensuel Odoxa, la Première ministre, Elisabeth Borne, affiche 43% d'opinions positives, à un point d'Emmanuel Macron (44%). Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen restent les deux figures les plus populaires de leur camp. Alors que les Français s'intéressent assez peu aux élections législatives, l'abstention pourrait atteindre un nouveau record pour ce type de scrutin.

Réélu pour un deuxième mandat à la tête du pays, Emmanuel Macron connaît en mai un léger regain de popularité, sans renouer toutefois avec ses débuts à l'Elysée, en 2017. Selon notre sondage Odoxa*, 44% des Français (+ 4 points) estiment qu'ils est un "bon président de la République". C'est 14 points de moins qu'il y a cinq ans. Tandis que 56% pensent l'inverse. 

Sa réélection n'offre donc pas vraiment de bouffée d'oxygène au chef de l'Etat. Quand on regarde l'historique de sa popularité, la continuité est en fait de mise puisqu'Emmanuel Macron oscille entre 39 et 46% de bonnes opinions depuis un an.

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La côte de popularité d'Emmanuel Macron

Sa nouvelle Première ministre se place pour l'instant au même niveau : 43% des sondés accordent leur confiance à Élisabeth Borne, contre 55% qui la lui refusent. Certes, la nouvelle Première ministre améliore de 8 points la popularité de Jean Castex en avril, mais à Matignon aussi, 2022 n’est pas 2017. Édouard Philippe bénéficiait en effet d’une bien meilleure popularité à sa nomination (55%).

Quand on regarde le détail de ses soutiens, Élisabeth Borne fait le plein auprès de 88% des sympathisants de Renaissance (ex-La République en marche), de 52% des sympathisants Les Républicains et de 48% des sympathisants du Parti socialiste. Les plus défiants sont ceux proches de La France insoumise (34%), du Rassemblement (19%) et de Reconquête, qui ne sont que 15% à voir en elle "une bonne Première ministre".

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La côte de popularité d'Elisabeth Borne

Mélenchon et Le Pen, premiers opposants 

À gauche et à l'extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon continue d'être la personnalité numéro un. Bien qu'en perte de vitesse, il rassemble 60% de soutien (- 6 points), loin devant François Hollande (51%) et... Édouard Philippe (47%). Anne Hidalgo est au plus bas avec à peine 23% de soutien dans ce qui est pourtant sa famille politique au sens large.

De l'autre côté de l'échiquier politique, Marine Le Pen fait office de femme forte. 75% des sympathisants de droite et d'extrême droite lui accordent leur soutien, un score élevé cependant en recul lui aussi (- 5 points). Derrière elle, c'est un autre représentant du Rassemblement national, Jordan Bardella, qui occupe la deuxième place (47%), suivi par Éric Zemmour (46%). La première figure venant de la droite républicaine n'est que quatrième en la personne de Nicolas Sarkozy, avec 38%. Candidate sèchement battue à la présidentielle, Valérie Pécresse ne fait guère mieux qu'Anne Hidalgo et subit un large rejet, avec un soutien qui se situe à seulement 24%.

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Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen testés à gauche et à droite

Les législatives intéressent peu

A moins de deux semaines du premier tour, les élections législatives des 12 et 19 juin ne soulèvent guère d'engouement. Seuls 33% des Français inscrits sur les listes électorales disent "beaucoup" s'intéresser au sujet, soit 4 points de moins qu'en 2017.

Interrogés sur la probabilité qu'ils aillent voter, 61% disent qu'ils iront "certainement". Un score inférieur de 11 points par rapport à 2017 à la même période. Tandis qu'à ce stade, 10% des inscrits indiquent qu'ils pourraient "certainement" s'abstenir et 22% qu'ils pourraient "probablement" s'abstenir. 

Le record d'abstention d'il y a cinq ans sera-t-il battu ? Au premier tour, seulement 48,7 % des électeurs s'étaient rendus aux urnes. Selon Odoxa, la participation pourrait n'être que de 47%, soit un nouveau plus bas dans l'histoire de la Ve République. Parmi les raisons invoquées pour rester chez soi : le désintérêt pour ce rendez-vous électoral (28%), la méconnaissance des projets ou des candidats (24%) et le fait que le vote "ne changerait rien" à sa situation ou à celle du pays (18%).

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L'intérêt des Français pour les élections législatives

* Sondage réalisé par Odoxa avec Mascaret pour LCP, Public Sénat et vingt titres de la presse quotidienne régionale. Enquête réalisée par internet, les 24 et 25 mai 2022, auprès d'un échantillon de 1005 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.