Canicule: les Écologistes demandent un congé climatique pour protéger les travailleurs exposés

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Un couvreur (© Pxhere)
Un couvreur (© Pxhere)
par Raphaël Marchal, le Lundi 22 juin 2026 à 11:57

Face aux épisodes caniculaires qui se multiplient, les Écologistes souhaitent la mise en place d'un congé climatique de cinq jours maximum par an, pour protéger les travailleurs particulièrement exposés. Une proposition qui suscite des réactions contrastées.

Alors que la France suffoque sous une vague de chaleur prolongée, les Écologistes ont lancé ce dimanche une pétition pour réclamer la mise en place d'un congé climatique, d'une durée de cinq jours maximum par an, destiné à protéger les travailleurs les plus exposés. "Quand il fait 40°C, des millions de personnes continuent de travailler malgré les risques", soutiennent-ils. Livreurs, aides à domicile, agents d’entretien, ouvriers du bâtiment, travailleurs agricoles… "Beaucoup n’ont tout simplement pas le choix."

Ce congé s'appliquerait "si les conditions climatiques vous empêchent d'aller au travail", ou si "l'école de vos enfants ferme et vous n'avez pas de solution pour les garder", a précisé Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Écologistes, sur LCI. Leur proposition s'inspire du modèle espagnol. Depuis 2024, les salariés bénéficient d'un congé payé de quatre jours, qu'ils peuvent utiliser lors d’épisodes climatiques extrêmes, pour ne pas risquer leur santé. 

"Personne ne devrait risquer sa santé ou celle de ses proches simplement pour aller travailler", concluent les écologistes. La pétition avait recueilli près de 6.000 signatures ce lundi matin.

"Un gadget"

Invité du Grand Jury RTL - Le Figaro - Public Sénat ce dimanche, le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a aussi appelé à "moduler le droit du travail" et mettre en place un "congé spécifique". L'idée a toutefois été écarté par bon nombre de représentants politiques. "C'est une très mauvaise solution à un vrai problème", a réagi Gabriel Attal (Renaissance). "Prendre un congé climatique dès qu'il fait trop chaud, c'est-à-dire financé par la Sécurité sociale et donc par les cotisations de ceux qui travaillent, vous vous rendez compte de l'engrenage", a jugé le candidat à l'élection présidentielle sur BFM TV.

"C'est un gadget. Aujourd'hui, ce dont on a besoin, c'est d'accélérer la mise à niveau des logements, des bâtiments", a pour sa part tancé Agnès Pannier-Runacher, députée Renaissance. "Dans certains cas, on construit encore mal", a-t-elle jugé sur Sud Radio. "Les Écologistes sont "toujours en retard d’une guerre", a pour sa part critiqué le député Jean-Louis Thiériot (Droite républicaine) sur X. "Ça existe déjà, pour les métiers les plus exposés avec l’indemnisation des intempéries canicules pour les salariés du BTP", a-t-il pointé, estimant que "l’urgence, c’est un grand plan climatisation". Et de fustiger le "jansénisme doloriste" de la gauche sur l'utilisation de la climatisation.

"Je trouve cela grotesque", a fait savoir Marion Maréchal sur BFM TV. Entre le "congé climatique, le congé menstruel, le congé mal de tête.... [...] Le programme de l'extrême gauche dans ce pays consiste à en foutre le moins possible", a raillé l'eurodéputée (Identité-Libertés).

Aujourd’hui, le Code du travail ne prévoit pas de "congé chaleur" spécifique, ni de température maximale au-delà de laquelle il serait automatiquement interdit de travailler. Mais dans le droit du travail l’employeur a une obligation de sécurité envers ses salariés. En cas de fortes chaleurs, il doit donc prendre des mesures adaptées pour protéger les salariés. Les personnes travaillant sous d'importantes chaleurs peuvent exercer un droit de retrait en cas de "motif raisonnable". Mais ce droit s’apprécie au cas par cas, la seule chaleur ne suffit pas automatiquement.